00:07
Europe 1.
00:07
La libre antenne.
00:14
Sana Blanger. Bonsoir, merci d'être avec nous sur Europe 1. C'est la libre antenne jusqu'à une heure du matin. Tout au long de cette émission, je vous propose de réécouter quelques échanges qui continuent de résonner.
00:28
Belle écoute.
00:29
Europe 1. La libre antenne. Sana Blanger.
00:35
Bonsoir Geneviève.
00:36
Bonsoir Zana. Bienvenue à la Libre Hotel. Merci. Alors, moi je voulais... J'ai écouté le témoignage d'Emmanuel tout à l'heure. Ah.
00:47
Et je me suis vraiment retrouvée dans son histoire, je dirais malheureusement en puissance diste. Puissance diste ? Oui, en plus même. Force diste. Même si elle a eu aussi une trajectoire bien compliquée, la mienne n'était pas terrible du tout.
01:12
Alors on va expliquer aux auditeurs le témoignage tout à l'heure effectivement d'Emmanuel sur sa relation pendant 24 ans avec un époux pervers narcissique.
01:29
Les mots ont été posés, elle a déposé plainte, ça a été classé sans suite. Et donc, effectivement, elle nous expliquait son parcours et comment, encore aujourd'hui, elle cherche des réponses à cet homme qu'elle pensait connaître.
01:49
Mais qui finalement était, pour reprendre ces termes, méchant avec elle. Elle a eu la force et le courage, parce qu'il faut de la force et du courage quand on est sous emprise pour quitter un pervers narcissique. Oh que oui ! On va parler de vous, là, maintenant. Donc, six années encore, et elle ne l'a bloqué que depuis quatre jours. Elle l'a quitté il y a six ans, et elle ne l'a bloqué que depuis quatre jours.
02:21
Vous nous dites, je me suis retrouvée dans son histoire, qu'est-ce qui, dans le témoignage d'Emmanuel, vous a le plus bouleversé, Geneviève ?
02:31
Le plus bouleversé, c'est d'arriver à se défaire de cette emprise. Parce que moi, j'ai eu 19 ans de vie commune, mariée, et ça fait 30 ans que je suis divorcée.
02:51
Et ça fait quoi ? Je ne sais même pas si j'ose dire que j'ai décroché. Parce que je suis hantée. Je n'ai plus du tout de sentiments et d'affection pour lui.
03:06
D'émotion ? Il n'y a pas d'émotion quand vous y pensez ?
03:10
Ce n'est pas de l'émotion agréable en tout cas. Mais je suis hantée. Parce qu'il n'y a pas un jour...
03:21
où je ne repense pas à certaines scènes, et puis aux conséquences. Donc, quelque part, je ne sais pas si c'est encore de l'emprise ou pas, mais voilà ce que disait Emmanuel, le fait que justement elle n'arrive pas à lâcher prise, ça, ça m'a...
03:46
Oui, ça m'a bien interpellée.
03:50
Vous aviez l'impression qu'elle racontait un peu un bout de votre histoire de vie également ?
03:57
Oui, je vous dis, je me suis bien retrouvée. C'est bien les mêmes symptômes, c'est bien les mêmes conséquences, c'est bien...
04:05
Malheureusement, c'est bien des fous furieux, c'est bien des malades, ces gens-là, qui n'aiment pas. Je ne sais même pas si une fois, je n'ai même pas le souvenir, en une vingtaine d'années, s'il m'a dit une fois « je t'aime ». Donc, je ne sais pas s'ils ont des... Ils utilisent les gens. Moi, je sais que mon ex, il utilisait les autres et il m'a utilisée.
04:32
très capricieux, insatiable, fils unique, gâté, pourri gâté, et ça allait pendant quelques années, j'ai cru que ça allait, mais en fait, très tôt, maintenant, avec du recul, je me rends compte que j'avais déjà des alertes, mais j'en tenais pas compte, parce que, comme aussi disait Emmanuel tout à l'heure, j'avais pas de point de comparaison. Moi, j'ai grandi dans un univers où mes parents ne s'entendaient pas, parce que j'ai une mère qui est mauvaise.
05:04
Voilà. C'est ma mère, mon père. Ma mère, elle l'a tuée, mon père. Elle l'a usée. Elle l'a usée. Il est parti il y a 18 ans. Malheureusement, elle a 91 ans aujourd'hui, mais elle est mauvaise. Elle est bête et mauvaise. C'est terrible de dire ça de sa mère, mais c'est une génitrice, c'est pas une mère. Et donc, voilà, j'ai évolué dans un milieu... Ah oui, oui, c'est...
05:28
Donc, qu'elle ait 91 ans ou qu'elle en ait 30 ou 40 ou 50, c'était pareil. Qu'est-ce qui t'en compte ? Pardon ? Pardon, non, non, dites-moi.
05:41
Je peux poser des questions ? Je suis bavarde. Non, non, pas du tout. En fait, je demande toujours si je peux poser des questions. Non, la Libre Antenne est votre émission.
05:51
Vraiment Geneviève, donc c'est votre moment à vous. Et libérer la parole, ça fait du bien. On vient d'en parler à l'instant avec Florence sur le fait que c'est extrêmement important de pouvoir sortir tout ça, de l'exprimer. Peu importe comment, mais de l'exprimer. Moi, ce que je voulais savoir, c'est qu'est-ce qui est encore présent aujourd'hui ? Des pensées, de la peur, de la colère ?
06:15
Des pensées ?
06:17
De la colère, pas de peur. Moi, je n'ai pas de peur. Je n'ai même jamais eu peur. J'ai eu peur de perdre mon foyer, de perdre... Je sentais qu'on basculait et je savais que les conséquences... Inconsciemment, je savais que les conséquences allaient être dramatiques pour moi. Et ça a été dramatique pour moi.
06:43
Au point que je n'ai jamais refait ma vie. J'ai 67 ans aujourd'hui. Ça fait 30 ans qu'on est divorcés. Et ça faisait des années que ça n'allait pas. Mais...
06:54
Pour moi, je disais, un couple, il y a des débats, ça va aller mieux. Et après, quand ça s'est vraiment aggravé, comme je disais, en fait, quand on ne tire pas la charrette dans le même sens, quand on est un qui tire à droite et l'autre à gauche, ça ne peut pas avancer. Et moi, je faisais tout pour arranger les choses. Et non, j'ai même traîné chez un psychologue de couple à l'époque... qui c'était apparemment un grand pont, parce qu'après je l'avais vu dans une émission de télévision, il était au Canada, etc.
07:30
Ses honoraires étaient très très chers, par personne en fait. Et la première fois, on est allé en couple, et je l'ai traîné, on va dire, là-bas, mon ex-mari, pour essayer de sauver, j'ai tout fait quoi. Et la deuxième, alors déjà, je n'ai jamais eu aussi honte de ma vie, parce qu'à un moment, il lui dit, mais monsieur Untel, pourquoi vous voulez divorcer ? Alors, il y a eu un temps d'arrêt, et il dit, parce que ma femme, elle fait brûler les casseroles.
08:03
Donc, moi, j'ai un trou de souris, si j'avais vu un trou de souris, je serais rentrée dedans, tellement c'est moi qui avais honte.
08:11
Et donc, le professionnel lui dit « Mais enfin, monsieur, on ne divorce pas pour ça. » Et après, ça a été le silence radio tout le long. À part ça, il n'avait pas parlé déjà. Et quand on devait se voir la semaine d'après, on l'attendra encore. Moi, je le suis présenté et lui n'est jamais venu. Parce qu'en fait, il voulait faire comme il voulait. Il se foutait de tout, excusez-moi du terme. Et il ne me respectait pas et...
08:40
Voilà, ça c'est un petit exemple, mais il était toujours très sûr de lui, le pervers narcissique, très sûr de lui, le super bon copain.
08:58
Alors justement, Geneviève, qu'est-ce qui vous fait dire que votre époux était un pervers narcissique ?
09:07
Je l'ai compris après, déjà...
09:15
Il faudrait commencer par le tout début.
09:18
Malheureusement, il ne nous reste pas beaucoup de temps.
09:24
Déjà, comme Emmanuel, il m'a cueillie à 18 ans, comme on cueille une petite paquerette, toute belle, toute fraîche. Il m'a...
09:35
Moi, je disais « amène à tout ». Ça allait au départ parce que je croyais qu'il m'aimait. Mais ce n'était pas de l'amour, c'était des caprices, en fait. Et comme j'acceptais les caprices, je répondais à ces caprices, ça allait. Ça allait. Mais puis après, avec les années...
09:56
Des fois, j'ai eu dit non, j'ai eu dit non pour ceci, non pour cela, ou on pourrait faire comme ci et pas comme ça, ou je pense ceci ou pas cela, mais non, c'est comme si ce que j'avais dit n'avait pas de valeur, j'étais forcément dans le faux, même s'il n'y avait aucune communication, là aussi, ça me rappelle ce que dit...
10:20
Le silence.
10:21
Le silence, voilà, ou la fuite, ou la fuite...
10:26
Par exemple, pour l'éducation des enfants, j'estime toujours qu'un enfant doit avoir des limites, on doit mettre un cadre autour de l'éducation. Moi, je savais que pour leur bien-être...
10:41
ce qu'il fallait faire, et lui, on ne pouvait pas échanger de ça. Il n'hésitait pas à rentrer en conflit devant les enfants, et moi, je ne voulais pas, combien de fois je lui ai dit, écoute, il y a un problème, on le traite, les petites vont se coucher, on s'assoit, on en parle ensemble, c'est tout. Là, non, enfin voilà, c'était du grand n'importe quoi, mais... Ça, on va dire que c'est presque un détail, ce n'est pas le plus grave, ce n'est pas le plus important.
11:10
Oui, parce qu'en fait, c'est un peu de savoir les comportements qui finalement vous faisaient souffrir au quotidien, hormis de brûler les casseroles.
11:19
Oui, oui. En fait, il n'y avait pas d'attention, il n'y avait pas de dialogue, il n'y avait pas d'échange.
11:29
Il fallait que je disais « amène à tout » parce que quelque part, il y a des choses qui me convenaient. Mais je n'avais jamais de retour, je n'avais jamais de reconnaissance. Je travaillais, j'avais ma maison impeccable, mes enfants impeccables. J'étais la bonne petite épouse des années 50. Même si ce n'était pas dans les années 50, mais dans les années fin 70.
11:58
Voilà, j'avais le modèle d'autrefois. Et ça roulait à peu près comme ça. Et puis après, ça a commencé à dégrader. Il commençait la violence psychologique, déjà. Tout doucement.
12:23
Et puis de plus en plus important, des insultes, des moqueries, des choses très blessantes. Jamais de valorisation, jamais de compliment. Comme j'ai dit, je pouvais avoir un sac de pommes de terre sur la tête ou une robe de cocktail. Il ne faisait pas la différence. J'aurais pu...
12:46
Me raser la tête ou mettre une perruque avec les cheveux jusqu'aux genoux, il n'aurait rien vu ou rien voulu voir. Il n'y avait jamais « ça, c'est joli » ou « ça te va bien ». Jamais, jamais. Et je n'avais même pas 30 ans.
13:05
Mais bon, vu que je n'avais jamais eu d'exemple vraiment, puisque je vous dis, mes parents étaient toujours en conflit.
13:12
Justement, nous avons reçu un SMS. Alors, c'est un SMS qui peut vous...
13:19
Je vous le lis. Donc si je comprends bien, la dame à l'antenne a eu une maman méchante et s'est jetée dans les bras d'un pervers narcissique. Trois petits points de suspension. Pour retrouver sa mère ? Étrange. On reste responsable de ses choix et engagement, non ? Écouite de la liberté de choisir.
13:44
Je me suis posé la question, et je pense qu'il y a des liens, mais je me suis posé la question ces dernières années, vraiment ces deux, trois dernières années, comme quoi ça m'occupe la tête encore. Je pense qu'il y a un lien. De toute façon, nous, on a une famille très compliquée.
14:06
Je n'ai pas grandi avec mon frère. Mon frère n'était pas désiré. Il a été rejeté. Et moi, j'ai toujours souffert de l'absence de mon frère. Mon frère est décédé il y a 11 ans. Mais pour revenir à ma vie de femme, après la violence psychologique, il y a eu la violence physique.
14:34
Parce qu'il était toujours très dédaigneux, où il rentrait à 3h, 4h du matin. Ah oui, il n'y avait pas de respect.
14:44
Vous pensez qu'il avait tromperie ?
14:53
Non, je sais qu'il n'y avait pas tromperie. Pour une chose que je ne vais pas évoquer forcément à l'antenne...
15:04
mais malgré tout déjà comme je disais on ne trompe pas qu'avec le sexe parce qu'il y avait des coups de fil il y avait des courriers et tout malgré tout et je pense qu'il aimait séduire il était très narcissique je me souviens des fois quand il se peignait les cheveux devant le miroir j'ai l'impression que voilà c'était vraiment le narcissique qui se trouvait beau qui se trouvait voilà quoi Et donc, voilà, il rentrait 3-4 heures du matin ou quoi.
15:39
Moi, je bouillais depuis des heures et des heures. Et là, ça se passait mal. Et puis, je sentais que je me disais, on va au fossé. On va droit au fossé. Arrête. On va droit au fossé.
15:51
Je me vive malheureusement. L'émission touche à sa fin. Je voulais savoir, est-ce que vous êtes d'accord pour qu'on continue demain ? Vous seriez disponible demain soir ? Avec plaisir. Surtout, vous ne raccrochez pas et on continuera parce qu'effectivement, le sujet est passionnant et intéresse tout le monde. Donc, un grand merci et je vous donne rendez-vous demain.
16:15
Merci beaucoup.
16:39
C'est parti !
17:08
Sous-titrage ST' 501 C'est parti.
18:07
Sit up now, tell me, is it gonna be you and me together? Oh, oh, oh, or are you just having fun? You are so hard to read You play hide and seek With your true intentions If you're only playing games I'll just have to say Sous-titres par Jérémy Diaz Sous-titrage ST' 501 ... ... ... ...
20:07
Europe 1, la libre antenne.
20:18
Sana Blanger.
20:20
Bonsoir Loïc, bienvenue sur Europe 1.
20:23
Bonsoir Sana, merci beaucoup de m'accueillir.
20:25
Merci d'avoir accepté de nous raconter votre histoire de vie.
20:27
En ce moment, c'est une situation assez difficile, moi je suis entrepreneur. Je vous laissez, si vous voulez, mener l'enquête, mais oui, là, c'est... Mener l'enquête ?
20:39
Carrément une enquête ? Non, j'ai lu votre parcours et il est assez saisissant, c'est vrai. J'aimerais qu'on reprenne tout depuis le début, parce que qui était Loïc avant cette aventure entrepreneuriale, en fait ?
20:51
Oui, alors moi, j'ai 32 ans, j'habite à Paris. J'habitais à Paris, j'ai duré mon appartement, je vous ai dit que c'est pourquoi. mais j'ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. Depuis toujours ? Depuis toujours, j'avais un rêve de gosse en finissant mes études, c'est de créer un restaurant. Malheureusement, pour créer un restaurant, il faut pas mal d'argent, je n'avais pas cette époque-là, donc j'ai reporté ce rêve. Je suis parti après commencer ma carrière en entreprise, puis j'ai créé une start-up qui n'existait pas, elle, de mise de départ, donc beaucoup plus facile pour commencer.
21:23
Ça a été une heureuse aventure, donc une heureuse première aventure entrepreneuriale.
21:28
pleine d'espoir, une part-up que j'ai revendue derrière et qui m'a permis d'avoir justement un petit peu d'argent pour pouvoir réaliser ce rêve de gosse que je vais reporter quelques années auparavant. Donc j'ai lancé un restaurant, on a ouvert avec un associé, je vous raconterai si vous voulez tout ça, mais on a ouvert en août 2025. Donc on n'a même pas un an d'ouverture pour l'instant.
21:48
Oui, donc c'est vraiment très récent.
21:51
C'est très intéressant, oui.
21:52
Avant d'ouvrir ce restaurant, quelles démarches avez-vous faites pour faire en sorte que tout se passe bien, tant sur l'aspect, je dirais, opérationnel, donc ce que vous deviez vendre, promouvoir, que sur vous, votre identité en tant qu'entrepreneur ? Bien sûr, oui.
22:12
Donc déjà, c'est à l'inverse de ma première entreprise. C'est un projet que je souhaitais mener à deux.
22:19
Voilà, pour moi, c'est un projet qui a vraiment du sens à deux. Puis un restaurant, en termes de temps, c'est extrêmement exigeant. De toute façon, je pense que c'est très compliqué de lancer un restaurant tout seul. Donc, j'ai fait la démarche de trouver un associé. J'ai trouvé un super associé à qui je fais un petit coucou, puisque je pense qu'il nous écoute aujourd'hui. Alors, coucou à l'associé. Voilà, qui avait pas mal d'expérience en restauration, qui avait plus de 10 ans de restauration derrière lui. Moi, ce n'était pas mon cas, même si c'est un secteur qui m'a toujours énormément intéressé. Ma première entreprise, elle n'était pas dans la restauration, mais c'était quand même dans le domaine de la food.
22:48
Donc voilà, j'ai voulu me former, j'ai fait ça sérieusement, j'ai envie de dire, parce que voilà, je suis allé bosser pendant un an en restaurant, avant d'ouvrir le mien, sans vraiment savoir où je mettais les pieds, de comprendre toutes les vitesses du métier. Et pendant cette période, ça m'a permis aussi d'accumuler des droits au chômage, qui me permettait d'avoir un petit filet de sécurité, parce que comme on le sait, un restaurant, c'est très compliqué d'être rentable et de se payer au bout de 3, 6, 9 mois. On dit souvent en restauration qu'il faut 3 ans avant de pouvoir se payer. On espérait faire un peu mieux, Malheureusement, ça n'a pas été le cas, ça ne sera pas le cas.
23:22
Mais voilà, j'ai en tout cas fait ça. De toute façon, je pense que c'est sérieux. On est aussi passé par un cabinet de conseil en restauration pour vraiment clarifier l'offre, etc. Donc on a fait, je pense, en tout cas au début, les choses bien. Donc tout se passe pour un mieux.
23:36
Un associé expérimenté, vous, vous aviez déjà créé une entreprise, un cabinet qui vous accompagne. À ce moment-là, est-ce que vous pensiez vraiment avoir mis toutes les chances de votre côté, Loïc ?
23:48
Oui, tout à fait. Mais par contre, je suis conscient qu'en entrepreneuriat, on peut réussir, on peut perdre. Justement, c'est la beauté d'entrepreneuriat. Si on réussissait tous ces projets, ça n'aurait plus de saveur dans le succès. Donc, je savais très bien que c'était un projet ambitieux, encore plus avec la conjoncture actuelle. Mais on avait évalué tous les risques. On savait qu'on avait aussi 18 mois de chômage pour en tout cas...
24:12
pouvoir survivre si le restaurant ne nous permettait pas de nous payer pendant la première année, la première année et demie. Mais ce n'était pas le but. On était très optimistes au début. On espérait pouvoir se payer au bout de 6 mois, 9 mois. On a mis tout ce qu'on avait pour que ce soit le cas. On a bossé 90 heures par semaine, que de lever à 5h20. Mais c'était tout à fait le contrat. Donc là, il n'y a absolument aucun souci là-dessus. C'était quel type de restaurant ? Alors, c'est un restaurant. Donc, on avait une offre petit-déjeuner-déjeuner.
24:40
D'accord.
24:41
10 midis, vraiment focus sur le midi dans un quartier de bureau à Paris. Comme il y a de plus en plus de restaurants, même de chaînes maintenant qui seraient comme ça. Voilà, donc avec un business plan qui là aussi a été validé avec le cabinet qui nous a accompagné. Mais de toute façon, on avait énormément étudié le marché. Et ça avait tout pour fonctionner, mais ça l'a passé.
25:03
Justement, quel a été le grain de sable ? Alors, le premier grain de sable, ça a été quoi ?
25:08
En fait, pour être honnête avec vous... Malheureusement, nous, on doit arrêter un peu plus tôt que prévu l'aventure, parce qu'à la base, on s'était fixé 18 mois, un petit peu moins, je dirais, 16 mois, pour voir si on pouvait vraiment commencer à se payer et entrevoir un avenir positif dans le restaurant. Mais malheureusement, nos droits au chômage ont été coûtés subitement par une réforme chômage qui a été mise en place en avril 2025.
25:34
et du coup là on est tous les deux sans revenu et malheureusement on va pouvoir anticiper la cession du restaurant parce que là on est bloqué sans revenu et il faut absolument qu'on retrouve un revenu simplement pour vivre. Mon associé d'ailleurs a un petit garçon donc il avait lui aussi évalué les risques qui étaient là bien plus risqués que les miens parce que moi j'ai la chance d'être seul et la seule personne qui est à ma charge c'est moi-même donc voilà pour moi Pour moi, c'est en soi une situation plutôt facile par rapport à lui.
26:08
Lui, il a vraiment une responsabilité derrière, une famille derrière. Là, on se retrouve sans revenu et du coup, on ne pourra pas aller au bout de la période test qu'on s'était fixée pour voir si justement on continuait ou malheureusement, c'est un projet qui n'aboutira pas sur le long terme.
26:24
Mais pour quelles raisons ? Uniquement parce que cette réforme vous prive de ce « matelas » ?
26:32
Oui, tout à fait. En fait, ce matelas, c'est vraiment notre filet de sécurité pour vivre, pour payer notre loyer, pour payer notre nourriture. Moi, mes droits au chômage ont été coupés le 8 mai. Il n'y aura pas de chômage avant le 9 septembre minimum. Et en fait, c'est une réforme qui bloque au bout de 60% de la durée d'indemnisation, les droits au chômage des gens qui ont une entreprise.
26:53
Donc, lorsque vous n'avez pas d'entreprise, il n'y a aucun souci, vos droits tombent. Par contre, là, il y a une commission qui doit analyser le fait que vous n'êtes pas en mesure de vous payer avec votre entreprise.
27:02
Nous, malheureusement, on fait du chiffre. On a heureusement des gens et pas mal de clients fidèles qui viennent déjeuner chez nous tous les midis. Mais on ne dégage pas de résultats. On perd même un petit peu d'argent sur les mois compliqués. Donc, on n'est pas du tout en mesure de se payer avec le restaurant, malheureusement. Je comprends. Et du coup, on est en attente de cette commission, mais qui est repoussée constamment. Et entre-temps, malheureusement, France Travail ne nous donne pas le moindre centime. Donc, on se retrouve... Voilà, ce sont revenus pendant des mois et j'ai fait des vidéos sur Instagram et TikTok sous le nom de Loïc Sans Filtre pour en parler.
27:33
Et j'ai reçu des témoignages édifiants de parents célibataires que je retrouve séparés de leurs enfants parce que pareil, ils ont dû rendre leur appartement parce qu'on leur a bloqué leurs allocations au chômage. Ils sont attendus une commission qui dure parfois depuis six mois, etc. Donc voilà, la situation est encore plus compliquée.
27:52
Comme ça, parce que ça, ce n'était pas du tout prévu. Le fait que le restaurant échoue, c'était une possibilité qu'on espérait éviter, mais c'était une possibilité. Le fait qu'on nous enlève nos allocations chômage au bout de 60% et qu'on se retrouve sans revenu, sans même la possibilité de faire une demande de RSA parce qu'on est encore inscrit à France Travail, ça, je vous avoue que ça a été une surprise dont on se serait bien passé, surtout vu l'année qu'on a traversée.
28:16
Ce n'est pas évident, ce statut de dirigeant.
28:21
Je crois qu'on n'est absolument pas protégé quand on est patron de sa société.
28:28
Non, ça a changé quand même récemment parce que cette réforme a été mise en place au 1er avril 2025. Et précédemment, on avait, quoi qu'il arrive, l'intégralité de ses droits. Il a fallu essayer de trouver quelques coupes budgétaires et surtout lutter contre la fraude, ce qui... Je n'ai absolument rien contre, mais le vrai problème, c'est qu'il y a une commission qui statue sur le fait que vous pouvez ou pas vous payer votre entreprise. Nous, dans un restaurant, c'est très compliqué de se payer au bout de quelques mois, même si on a vraiment tout fait pour. Mais cette commission, en fait, elle est repoussée sans cesse.
28:59
Et le temps que cette commission statue sur votre propre sort, là, tout est bloqué. Alors qu'il pourrait y avoir une simple poursuite des droits, quitte à avoir une rétrocession derrière. Et du coup, on se retrouve, j'ai reçu sur...
29:12
Pour être honnête, sur Instagram et TikTok, surtout sur TikTok, peut-être plus de 500 messages de gens qui sont dans notre situation. En fait, on est les premiers à suivre cette situation parce que la réforme a été mise en place le 1er avril 2025. Et du coup, au bout de 60% de l'assurance chômage et les droits chômage épuisés, ça tombe aujourd'hui. Donc voilà, on est plein d'entrepreneurs dans ma situation. Donc je parle aussi un peu en leur nom aujourd'hui.
29:38
Alors, Loïc, il y a une phrase qui m'a marquée dans ce que vous avez évoqué. Vous nous dites, le restaurant pouvait échouer.
29:48
Bien sûr.
29:49
J'avais intégré ce risque.
29:51
Bien sûr. Mais en revanche, vous n'aviez jamais imaginé que vous alliez vous retrouver sans revenu.
29:57
Tout à fait. Vous avez tout résumé.
30:00
Est-ce que c'est ça qui vous a fait tomber ?
30:03
Psychologiquement ou pour le restaurant ?
30:07
c'est extrêmement dur pour parler on est là pour se livrer sur la libre antenne donc je me suis même mis à avoir des douleurs au ventre terribles j'ai fait des prises de sang pour voir si j'avais pas une maladie cachée malheureusement enfin heureusement dans la France tout va bien mais du coup c'est juste que je somatise énormément mon associé aussi bien sûr parce qu'il faut gérer du coup un restaurant qui marche pas on s'endette personnellement on voit comment va se passer la fin on va falloir qu'on vende à perte Et puis, en plus, à côté, il y a zéro revenu.
30:37
Donc, ça fait quand même beaucoup, beaucoup de choses. Alors qu'on souhaite juste se lancer et profiter, ne pas profiter, vivre avec les droits qu'on a cotisés. Et en fait, lorsqu'on s'est lancé, on a vraiment fait un business plan pour le restaurant. Et en fait, il y a aussi un business plan de vie, un business plan personnel. Bien sûr. Et qui compte 18 mois de chômage. Et en fait, bien entendu, si on nous avait dit qu'au bout de 10 mois, les droits allaient être suspendus, on n'aurait jamais ouvert le restaurant. Donc là, on s'en trahit, oui.
31:05
Mais qui pouvait l'anticiper ?
31:11
Qui pouvait l'anticiper ? Personne. Si, en soi, c'est une réforme qui a été mise en place par les partenaires sociaux, donc les syndicats, et validée par le gouvernement, en soi, c'est une réforme qui peut avoir sa place jusqu'à ce qu'elle a été extrêmement mal mise en place. Comme je vous l'ai dit, entre le moment où la commission qui statue sur votre sort, pour voir si vous avez le droit d'avoir les 40% restants ou pas, et le moment où les droits sont bloqués, le moment où elles statuent, Parfois, il y a un mois, deux mois, trois mois, quatre mois, cinq mois, six mois. Et pendant ce temps-là, il y a zéro euro qui tombe. Alors que, à mon associé, par exemple, il lui reste 243 jours de chômage.
31:44
Mais il ne touche plus rien. Alors que nous, on perd de l'argent tous les mois. On met même le peu d'épargne qu'on a de côté pour payer parfois le loyer, etc. Parce que les mois qui sont trop durs, il faut bien qu'on essaye de garder le restaurant en vie. Et voilà, on a moins que ce que la République est censée donner, entre guillemets. Mais on ne peut même pas faire une demande derrière ça. Donc, on est vraiment bloqué à zéro euro.
32:04
Alors qu'on bosse 90 heures par semaine, on a embauché des gens dans le restaurant, on a essayé de créer de la valeur, on s'est démené, on a essayé de participer à la vie du pays, mais oui, là, on sent un sentiment d'injustice terrible.
32:15
Je comprends. Vous nous dites même que vous somatisez beaucoup actuellement. Est-ce que c'est la première fois de votre vie que vous vous sentez comme ça aussi, je ne sais pas, fragilisé ? Oui, tout à fait. Je pense que c'est là.
32:28
Déjà, lorsqu'on se lance dans un projet de restauration...
32:36
mon associé, moi, ou toutes les personnes que j'ai pu rencontrer pendant cette année qui sont aussi là-dedans, on sait très bien qu'on va passer, surtout sur la première année, une année très compliquée physiquement, mentalement aussi, bien sûr. On va peu dormir, il y aura énormément de hauts et de bas, peut-être plus de bas, mais on va s'accrocher pour la beauté du projet, parce que de toute façon, c'est un projet assez humain, la restauration, c'est d'offrir, proposer de la valeur, accueillir des gens dans un lieu qu'on a pensé, c'est On ne fait pas forcément de la restauration pour faire fortune. Mais oui, le fait que nous, ça ne se passe pas du tout comme on le souhaite.
33:09
Et qu'en plus, on se sent complètement abandonné avec zéro euro. Donc moi, quitter mon appartement, maintenant, ça veut dire... Ça, c'est vraiment pas grave. Mais c'est lever 4h20 au lieu de 5h30. Déjà, quand on fait des journées à rallongement, on n'a pas pris un jour de vacances depuis août. Mais ça, encore une fois, c'est vraiment pas grave. Je pense aux maires célibataires qui m'ont envoyé des messages en me disant qu'elles ont dû... Et elles, je pense qu'elles somatisent bien plus que moi avec ma petite prise de sang. Elles ont dû laisser leurs enfants chez un couple d'amis et quitter leur appartement parce qu'elles sont en attente de la commission.
33:40
Là, je pense qu'on est sur une situation vraiment catastrophique et qui ne va pas aider l'entreprenariat dans le futur parce que déjà que la conjoncture actuelle est assez compliquée pour les entrepreneurs. Déjà, se lancer, il y a quelque chose qui ressort énormément sur les vidéos que je fais sur Instagram, c'est les kamikazes de se lancer en France, etc. Moi, je n'ai pas envie de rentrer dans ce discours Je pense que bien sûr, on peut réussir en France, mais si on se met, voilà, en plus, j'ai presque envie de dire ne pas respecter les entrepreneurs parce que c'est les laisser avec moins que le minimum, comme je l'ai dit, moins que le RSA, on peut me faire une demande de RSA.
34:13
Donc là, c'est sûr que ça, plus ça, plus ça. Moi, c'est la première fois que je traumatise et que j'ai passé une année aussi, évidemment, une année aussi compliquée, mais je ne pensais pas être aussi épuisé mentalement et physiquement.
34:25
Ah, bienvenue, bienvenue au club des entrepreneurs qui craquent dans la voiture à pleurer parce que c'est des journées difficiles, parce qu'on se sent seul aussi, parce que c'est vrai, on se sent seul quand on a son entreprise. Quel âge avez-vous Loïc ?
34:42
J'ai 32 ans.
34:43
32 ans, oui, vous êtes jeune. Donc bravo déjà, parce que vous vous êtes lancé dans cette magnifique aventure. Parce qu'il faut le dire quand même, c'est une magnifique aventure que de concrétiser un souhait, un rêve. Parce que vous, c'était un rêve.
34:59
C'est vrai. Comment est-ce que vous vous sentez aujourd'hui ?
35:04
J'ai entendu trahison, mais... Oui, trahi, déçu, et même en fait, on ne m'a pas laissé les... Les cartes en main, les cartes nécessaires, parce que, comme je vous dis, on avait prévu, et en toute connaissance de cause, que si ça ne marchait pas au bout de 18 mois, encore plus pour mon associé qui a un petit garçon, il fallait arrêter. Donc nous, on n'avait pas la fameuse phrase qu'on dit en restauration, il faut 3 ans pour se payer. Nous, on savait qu'il y avait un compte à rebours qui était bien plus exigeant. Et en fait, au bout de 10 mois, on doit mettre la clé sous la porte, alors qu'on ne nous laisse pas la chance.
35:37
Là, en plus, c'est les vacances d'été, donc... On ne va pas laisser la chance à ce projet pour lequel pourtant on a mis toutes nos économies, toute notre énergie, etc. Donc oui, je me sens trahi. Et puis oui, bien sûr, déçu, triste un petit peu, mais ce n'est pas le sentiment qui prédomine. Mais je n'aurais eu aucun souci, par exemple, à louper ce projet de restauration. Mais voilà, dans les règles et pouvoir m'en prendre qu'à moi-même, avoir tout essayé jusqu'au bout, tout ce qu'on s'est dit depuis le début. Mais là, ce n'est pas le cas. Comme sur Instagram et TikTok, je reçois un nombre de messages de personnes qui doivent...
36:09
juste fermer leur boîte pour montrer à France Travail qu'ils ont bien un cabiste, le document qu'ils montrent, qu'ils n'ont plus de boîte, et derrière, leur droit au chômage reprenne, parce que la commission est interminable. Donc c'est une situation lunaire, c'est des personnes qui mettent toute leur énergie pour créer leur entreprise, ils sont obligés de la fermer pour toucher les droits pour lesquels ils ont cotisé. Donc on est sur, je pense, un gros problème qu'il faut gérer très vite pour ne pas que des...
36:36
Des entrepreneurs comme nous en fassent les frais dans les mois à venir. Loïc, vous nous dites trahi, mais trahi par qui ? C'est une phrase assez générale, mais j'ai envie de dire, comme je vous dis, trahi par l'État, tout simplement, parce que moi, j'ai cotisé pour des droits au chômage, je me suis lancé dans ce projet de restauration, tout comme mon associé, en étant conscient que j'allais avoir un filet de sécurité, j'allais pouvoir vivre pendant 18 mois. Et en fait, au bout de 10 mois, je me retrouve quasiment à la rue, à vendre mon appartement, à lâcher mon restaurant, alors que des droits que j'ai acquis en travaillant, etc.
37:14
En fait, je me suis lancé sur un projet en toute connaissance de cause, en toute confiance. Et finalement, du jour au lendemain, on se retrouve complètement démuni, sans solution, bien entendu. Est-ce qu'il n'y a aucun recours possible ? Et voilà, en fait, le seul problème, c'est que je me serais... Enfin, le seul problème, il y en a énormément, mais je ne me serais pas du tout lancé si on m'avait dit, attention, au bout de neuf mois, une commission va stopper tout déversement France Travail pendant quatre, cinq, six mois, parce que tout simplement, je sais que je n'aurais pas pu vivre. Et là, je me retrouve dans cette situation.
37:46
Vous auriez fait quoi ?
37:50
Si... Eh oui, si vous aviez su, vous auriez fait quoi ?
37:55
Je pense que je serais quand même parti sur un projet entrepreneurial parce que j'avais envie d'y retourner après la première expérience qui a été fleurissante et qui m'a donné envie d'y retourner. Mais je ne serais pas parti sur un projet comme un restaurant qui est un projet ambitieux dans lequel on met des économies, dans lequel on a un prêt bancaire, sur lequel on est caution, un projet qu'on ne peut pas farmer tout de suite parce que nous, comme je dis, on a un prêt bancaire. Donc si on veut partir demain pour retoucher le droit au chômage, ce n'est pas possible. Donc là, on est contraints à venir tous les jours, en touchant absolument zéro euro, alors qu'on pourrait aller faire des missions à droite, à gauche, d'un périm, retrouver un boulot pour tout simplement pouvoir continuer à vivre.
38:32
Donc là, on est pris au piège total. Donc je pense que je serai, encore une fois, je n'ai pas un discours alarmant avec l'entrepreneuriat, je sais que j'y retournerai un jour, mais je pense que je serai parti sur un projet beaucoup moins ambitieux. Mais ce restaurant, c'est un rêve de gosse, donc ça aurait été très dommage de ne pas le faire. Mais oui, en toute connaissance de cause, jamais je me serais lancé dans un projet aussi...
38:54
aussi prenant et qui nous oblige.
38:59
Je comprends et vous, vous avez reçu énormément de témoignages sur les réseaux, notamment Instagram ou TikTok, vous nous le disiez. Moi, je suis certaine aussi que beaucoup, beaucoup d'auditeurs qui sont entrepreneurs et qui nous écoutent se reconnaissent dans ce que vous nous partagez, dans ce que vous nous livrez, sur ce parcours, comme je disais, parfois chaotique, où il faut beaucoup de courage, il faut penser à beaucoup de choses, il faut anticiper, et malheureusement, il y a des choses qui nous échappent.
39:29
Exactement, on avait des scènes, je vous en prie.
39:35
Je vous en prie. Ça, malheureusement, ça ne dépendait pas de vous, vous ne pouviez pas l'anticiper, vous ne pouviez pas l'imaginer même, et même votre cabinet qui vous accompagne pourtant, manifestement, on ne va pas chercher la faute à qui, comme on dit. Mais vous voyez, même eux, ils ne l'avaient pas anticipé, ils ne le savaient pas. Ils l'ont appris certainement en même temps que vous.
40:00
Complètement. Puis en plus, eux, c'était un cabinet qui était vraiment centré sur monter et concevoir une offre cohérente.
40:11
Après, je pense que maintenant, avec notre expérience, ils font bien attention lorsqu'ils font les business plans des futurs entrepreneurs, de leur dire attention, ne comptez pas sur 18 mois, j'espère que vous avez beaucoup d'argent de côté, ou alors il faut absolument que vous versiez un salaire au bout de 10 mois, parce que ne comptez pas sur l'allocation chômage pendant toute la durée que vous avez prévue, parce que ça saute. Mais il y a aussi le fait que, comme je vous disais, on est les cobayes, parce que cette loi a été mise en place en avril 2025, Et du coup, au bout de 60% des droits, tout est arrêté.
40:43
Et du coup, là, on se retrouve en juillet 2026. Donc, on est les premiers. Alors, les premiers, j'ai reçu un message d'un monsieur qui est en attente de la commission depuis le 1er mars, je crois. Et il ne l'a pas avant le 9 septembre. Donc, lui, j'envoie tout mon courage. Il m'a envoyé un message. Après, on a parlé beaucoup sur WhatsApp. Là, il est dans un logement d'urgence. Donc, il est SDF. Alors qu'il a une boîte et qu'il reste encore pareil... des mois et des mois de chômage, donc il y a des situations catastrophiques, et je n'ai pas envie que ça fasse un mauvais message pour l'entrepreneuriat, parce que je vois les commentaires sur les vidéos TikTok et Instagram qui sont alarmants, je n'ai pas envie de rentrer dans ce jeu-là, j'ai envie de dire, mais c'est vrai que si on regarde en étant factuel, on est plus protégé en étant au RSA en tant que chômeur qu'en profitant des allocations de chômage, pour lesquelles on a cotisé, donc il y a quand même un sujet, oui.
41:36
Mais justement, malgré tout ce que vous traversez aujourd'hui, Loïc, si un jeune de 25 ans vous disait « Moi aussi, Loïc, j'ai envie d'entreprendre, comme toi », vous lui répondriez quoi ? Vas-y ou n'y va pas ?
41:51
Écoutez, si je me base sur mon expérience, je lui dirais « Créer un business qui ne t'engage pas, donc qui ne nécessite pas de prêt bancaire, pas de fonds de commerce avec un loyer derrière et où tu ne peux pas te... de séparer lorsque tu n'as pas trouvé un repreneur, parce que c'est des bails 3, 6, 9 dans l'immobilier commercial. Mais le problème, c'est que ce n'est pas un discours qui marche, parce qu'on ne peut pas créer que des entreprises pour lesquelles on investit 0€.
42:17
Du coup, il n'y a plus de restaurants, il n'y a plus de business qui ont besoin d'un vrai capital de départ. Donc, je sais que ce n'est pas la bonne solution. Pour lui, malheureusement, j'aurais cette solution facile de trouver. mais qui n'est pas la bonne. Et j'aurais du mal. Pourtant, comme je vous dis, j'ai envie de croire qu'on peut... Et je continuerai à essayer d'entreprendre en France, mais là, j'aurais du mal...
42:37
Autrement, il n'y a pas quoi.
42:39
En étant sur mes gardes, en ayant un filet de sécurité terrible derrière, en ayant des projets moins ambitieux, en mettant des risques plus partout. Et ouais, je pense qu'en étant sur mes gardes, c'est vraiment le mot, quoi. Qu'est-ce qui peut nous tomber dessus le mois prochain et le mois prochain ? Parce que là, on n'était pas du tout préparé à ça. Donc, entreprendre déjà, c'est assez stressant. Mais là, je pense une boule au ventre sur le fait qu'une mesure quelconque peut nous mettre à la rue le jour le lendemain ou autre, bien sûr, parce qu'il y aura plein d'autres choses, mais qu'on n'est vraiment pas maître de tout et les décisions qui nous dépassent, mais qui nous concernent complètement et on est les victimes.
43:22
Merci Loïc, merci beaucoup parce que, vous savez, votre témoignage rappelle qu'entreprendre, ce n'est pas seulement créer une entreprise, c'est aussi accepter une part de risque. Et vous nous rappelez surtout qu'avant les statuts, les commissions, les procédures, il y a des femmes et des hommes, surtout. Donc ça reste vraiment une aventure humaine. Je vous souhaite sincèrement de retrouver de la sérénité et de pouvoir écrire un nouveau chapitre. J'ai retenu Loïc sans filtre sur les réseaux si on souhaite entrer en contact avec vous.
44:00
Je vous souhaite vraiment de vous relever parce que malgré tout, vous êtes un vrai entrepreneur.
44:09
Merci beaucoup. C'est adorable. Merci pour le temps que vous m'avez consacré. Je parle aussi au nom des milliers de personnes qui sont dans ma situation. J'espère avoir pu porter un peu le message. Et si ça a tout bougé, bien sûr. dans les plus hautes instances de l'État pour qu'on rétablit cette situation au plus vite pour tous les entrepreneurs qui sont dans une situation de précarité totale. On peut me contacter sur les réseaux sociaux pour en parler. Je suis disponible tout le temps et on va essayer de faire changer les choses au plus vite pour tout le monde.
44:36
Merci beaucoup.
44:37
Merci pour votre engagement Loïc. Merci, très bonne soirée.
44:40
A vous aussi, au revoir.
44:51
La libre antenne.
44:52
Valérie Darmont. Bonjour et bienvenue dans la libre antenne de ce week-end. Rendez-vous avec les moments les plus forts de cette semaine, si vous le souhaitez. Et puis vous pouvez toujours composer le 01 80 20 39 21. C'est le numéro de notre standard. Il est non surtaxé, vous le savez. Et nous envoyez tout de même, jusqu'à une heure du matin, vos SMS au 7 39 21 75 centimes plus coût du SMS.
45:19
Profitez bien de votre émission, chers amis. Europe 1, la libre antenne. Valérie Darmon. Bonsoir Ludovic.
45:29
Oui, bonsoir Madame Darmon. Je suis content de pouvoir poursuivre avec vous ce soir l'échange que nous avions eu, je crois que c'était au début du mois de juin dernier.
45:42
Alors, je veux bien que vous nous recontextualisiez notre appel téléphonique tout de même, Ludovic, parce que...
45:52
J'avais évoqué principalement mon vécu de malade environnemental, puisque je souffre à la fois de chimicosensibilité et d'électrosensibilité. Quoique les deux syndromes dont je souffre aujourd'hui soient quand même nettement améliorés par rapport à il y a quelques années.
46:13
Alors ça c'est intéressant, on va redéfinir un peu l'électro-sensibilité, la chimico-sensibilité. D'abord vous avez quel âge Ludovic ?
46:24
53 ans. À quel moment vous avez compris que vous étiez victime d'électrosensibilité ? C'est-à-dire que vous êtes très sensible aux ondes qui nous entourent.
46:34
C'est effectivement une très bonne question. On laissera la chimicosensibilité de côté parce que j'en avais déjà parlé la dernière fois et que ce n'est pas, de mon point de vue, le sujet central, si vous voulez. Mais je réponds tout de suite à votre question. Les premiers symptômes se sont manifestés à moi.
46:53
C'était peu de temps après que j'eus emménagé dans la maison où je vis actuellement, donc dans la commune de Neuillet-les-Bois.
47:01
C'est dans quelle région ?
47:02
C'est dans le parc naturel régional de la Brène, donc le cœur de la France, si je puis dire, près de Châteauroux.
47:09
Donc vous êtes quand même en pleine nature, donc normalement, alors c'est pas une zone blanche visiblement, alors la zone blanche c'est là où il n'y a pas du tout le téléphone portable ne passe pas, enfin il y en a très peu d'ailleurs en France, mais il en reste quelques-unes. Donc si ça s'est manifesté à vous lorsque vous avez emménagé dans cette maison, alors que vous êtes en pleine nature... Oui, et bien justement c'est très intéressant, c'est qu'effectivement...
47:31
Il se trouve que la pollution électromagnétique là où j'habite est globalement très faible. Mais il y a une pollution électromagnétique qui prédomine en revanche sur tout le reste et de manière écrasante, c'est la pollution d'origine Linky. Et c'est là que je vais embrayer en quelque sorte. J'ai emménagé justement à l'été 2017 dans une maison qui était équipée d'un compteur Linky, qui au début n'était pour moi absolument pas un sujet d'inquiétude.
48:07
Je tiens à le dire. Pour moi, au départ, c'était un compteur électrique comme un autre, ce qui n'est absolument pas en réalité.
48:13
Et à ce moment-là, quand vous emménagez dans cette maison, Ludovic, vous, vous n'avez aucun symptôme de l'électrosensibilité ? Aucun. Aucun. Donc, vous prenez la voiture, vous téléphonez avec votre téléphone, soit en kit main libre, soit à l'oreille, vous regardez la télé, voilà, voilà.
48:34
Votre question est vraiment intéressante parce que les symptômes se sont fait sentir à moi initialement dans la partie de mon corps qui était déjà affectée par la chimico-sensibilité, à savoir la région des poumons.
48:53
D'accord. Alors, on va quand même dire un mot de la chimico-sensibilité. Quel type de produit ?
48:59
Moi, ce qui m'a rendu malade, on en avait déjà parlé la dernière fois, c'est pour ça que je ne veux pas m'apesantir là-dessus, mais c'était un pesticide. J'ai subi une intoxication aiguë à un pesticide par la molécule du myclobutanil qui était encore vendue aux particuliers en 2013, à l'époque où j'ai fait usage moi-même de ce produit.
49:25
Bêtement, on va dire. Et en fait, le produit a été interdit à la vente deux ans plus tard.
49:29
Vous jardiniez à l'époque ?
49:31
Il a été interdit à la vente au particulier deux ans plus tard.
49:33
Vous jardiniez ?
49:34
Exactement. Et j'ai voulu soigner des arbustes, et ce faisant, je me suis rendu malade.
49:41
Et alors, juste pour bien comprendre le processus, Ludovic, une fois qu'on a déclaré de la chimico-sensibilité à un produit, ce qui est votre cas, est-ce qu'une fois qu'on ne l'utilise plus, de toute façon, il a été interdit, donc c'est réglé, est-ce que ça disparaît, cette chimico-sensibilité, ou est-ce que le corps reste sensible ?
49:57
Le problème c'est qu'après avoir subi une telle intoxication, on est dans la phase qui suit extrêmement sensible à toutes sortes de produits chimiques agressifs. Et un éventail de produits chimiques qui ne cessent dans une première phase de s'élargir au fil du temps.
50:20
Les fumées, les gaz d'échappement, toutes sortes de produits chimiques pour le nettoyage, ça couvre énormément de choses.
50:29
Vous avez demandé réparation pour cette intoxication après, puisque le produit a été interdit ou non ? Il n'y a pas de recours ?
50:36
Non, je n'ai rien engagé.
50:40
Donc votre corps devient de plus en plus sensible à cause de cette intoxication à ce pesticide, et quand vous arrivez dans cette maison, le compteur Linky vous sensibilise cette fois à tout ce qui est énergétique, si je puis dire, électromagnétique, puisque la partie de votre corps était déjà sensibilisée auparavant, c'est ça ?
51:03
pour terminer sur ce point, qu'effectivement, beaucoup de personnes qui sont dans un premier temps chimico-sensibles deviennent ensuite électro-sensibles ou à l'inverse, parce qu'en fait, ce sont deux pathologies sœurs, si vous voulez, qui ont en commun que la partie de l'organisme qui est atteinte à titre principal, c'est le système nerveux. Et donc quand vous avez en quelque sorte des fragilités du système nerveux par rapport à un type d'agent pathologique déterminé, les produits chimiques ou les ondes, ensuite le risque est grand de développer, d'élargir le spectre des troubles environnementaux dont on est victime.
52:03
Et les symptômes dans votre cas Ludovic, c'était quoi ?
52:05
Initialement pour l'électro-hypersensibilité, je vous dis que c'était uniquement des douleurs thoraciques.
52:11
Et puis, rapidement, au fil du temps, j'ai constaté que mes troubles se sont aggravés, se sont diversifiés. Et j'ai fini par développer l'ensemble des troubles qui s'intègrent dans le tableau clinique de l'électro-hypersensibilité. On peut rapidement les passer en revue. Donc, d'abord, des maux de tête qui sont apparus assez rapidement après les premiers troubles dont je parlais à l'instant. Des troubles de la sensibilité. On appelle ça des dyshypersensibilités.
52:42
Leur fourmillement au niveau du visage, au niveau des mains, au niveau des trajets des nerfs, troubles du rythme cardiaque, sensations vertigineuses.
52:53
Voilà quelques-uns des acouphènes, bien sûr, des acouphènes, de la fatigue. Donc c'est tout un ensemble de troubles. Alors on peut avoir les uns et pas les autres, mais souvent on a un nombre significatif de ces troubles en même temps.
53:11
Mais en même temps, tous ces troubles peuvent relever d'autres choses, d'autres pathologies. Comment vous faites le lien avec le compteur Linky ?
53:17
Tout à fait. Alors, très bonne question encore une fois. Donc, vous ne faites pas le lien d'emblée. Simplement, moi, ce que j'ai constaté, c'est que quand j'étais présent à mon domicile, les troubles se manifestaient. Quand je quittais mon domicile, mes symptômes s'apaisaient.
53:34
Donc j'ai fini par en déduire qu'il y avait quelque chose chez moi qui a impacté mon état de santé et il a fallu que je mène des investigations, que je fasse intervenir un labo de mesures de champs électromagnétiques à plusieurs reprises pour faire plusieurs types de mesures dans diverses gammes de fréquences pour arriver à la conclusion qu'effectivement c'était bien le Linky qui me rendait malade.
53:58
Et puis j'avais également constaté que mon sommeil était particulièrement perturbé en début de nuit, enfin en début de nuit, disons au moment où commence la phase de télérelève Linky, c'est-à-dire la phase où se font les télétransmissions des compteurs Linky pour la transmission des index de consommation électrique. Donc dans mon quartier, ça commence à minuit 5 précise et ça se finit autour de 1h30.
54:30
Et comment vous le savez tout ça ? Comment vous avez eu accès à ces informations ?
54:35
Parce que j'ai poussé les analyses suffisamment loin pour le savoir si vous voulez.
54:40
Combien de temps vous avez mis à vraiment être sûr de votre diagnostic, de votre auto-diagnostic ?
54:48
Disons que le jour s'est fait sur ces évidences. Ça a commencé... Parce que j'ai fait moi-même entre-temps aussi l'acquisition d'une sonde de tension qui m'a permis de faire des mesures. J'ai... J'ai découvert aussi qu'on pouvait détecter les ondes radio d'origine Linky où il y a un récepteur radio pourvu qu'il soit calé sur les bonnes fréquences. Déjà par moi-même, j'ai pu mener des investigations. Ensuite, elles ont été complétées par des labos indépendants qui ont corroboré les constatations que j'avais pu faire par moi-même.
55:26
Alors ensuite, évidemment, vous avez été demandé la suppression du compteur Linky.
55:30
Alors justement, parce qu'en fait, moi je vous appelle ce soir, c'était pour, pas tellement pour revenir sur mon vécu de malade environnemental, mais c'est bien qu'on ait planté de nouveau le décor, c'était parce que je souhaitais livrer à l'antenne mon témoignage de victime des agissements du gestionnaire de réseau Enedis.
55:52
Qui, comme chacun sait, est l'opérateur qui a procédé au déploiement des compteurs Linky sur le territoire national. Et alors, justement, là, il y a une date repère qu'il est important pour moi de préciser tout de suite. C'est la date du 26 novembre 2020. Parce que ce jour-là, donc 26 novembre 2020, j'ai pu obtenir du gestionnaire de réseau la dépose de mon compteur Linky.
56:22
Ah, très bien. Donc ça, c'était il y a quand même cinq ans.
56:26
Eh bien, c'est ça. Effectivement, dans mon histoire, le mois de novembre est un mois qui, à plusieurs reprises, a joué un rôle tout à fait essentiel. Je vais avoir l'occasion de le dire en poursuivant un petit peu l'historique, en fait, de mon parcours judiciaire.
56:43
Donc, quand vous dites...
56:44
Je vais dire de mon combat judiciaire contre la société Enedis.
56:47
Ludovic, quand vous dites dépose du compteur Linky, c'est-à-dire qu'ils vont vous retirer le compteur ?
56:52
Très bien, donc vous avez obtenu gain de cause. J'ai obtenu gain de cause dans le cadre de ce qui m'a été présenté par Enedis comme une tractation. C'est-à-dire qu'il s'agissait de négociations secrètes, en quelque sorte, et officieuses.
57:23
C'est-à-dire qu'ils ne veulent peut-être pas que ça s'ébrite pour que tout le monde n'aille pas redemander la suppression des compteurs Linky ? Oui, oui. Mais vous avez mis combien de temps à batailler pour qu'ils acceptent de retirer le compteur ?
57:34
J'ai obtenu le retrait de mon compteur au terme de trois ans de sollicitation.
57:39
Ah oui, quand même.
57:40
Donc pendant les trois ans... Des courriers, des appels, des mails. Enedis a consenti au retrait de mon compteur. La contrepartie exigée était bien sûr mon silence.
57:55
Et pendant ces trois ans, vous vivez comment, Ludovic ? Dans la maison ? Comment on fait pour parer à cette électrosensibilité aujourd'hui ?
58:04
Très bonne question. Moi, j'avais soupçonné assez rapidement que le compteur Linky pouvait être en cause dans mes troubles. Donc, j'avais déjà, au début de l'année 2018, donc quelques mois après l'arrivée dans ma maison, j'avais fait installer deux filtres anti-CPL.
58:25
qui ont une efficacité certaine, qui certainement ont retardé l'évolution de mes troubles, mais l'efficacité de ces filtres n'était pas suffisante. Et aussi pour une raison précise, c'est que les filtres étaient installés à l'intérieur de mon domicile. Ce qui fait que le câble d'alimentation de la maison, lui, n'était pas protégé, si vous voulez. Et ce câble présente la particularité de traverser la totalité de la maison.
58:55
C'était ce câble qui rayonnait mal, si je puis dire.
58:58
Tout rayonnait. En fait, c'est tout le réseau électrique qui rayonnait. Mais comme le câble principal, lui, traversait la maison et que mes filtres étaient installés au sein de la maison, alors qu'idéalement, il aurait fallu qu'il fût s'installer en bordure de propriété pour me protéger de façon optimale.
59:19
D'accord. Et ces filtres CPL, c'est quoi exactement ? CPL, qu'est-ce que ça dit ?
59:24
Des filtres anti-CPL, c'est-à-dire qui permettent d'atténuer l'intensité des signaux électromagnétiques d'origine Linky. Les signaux Linky sont des signaux CPL, donc...
59:47
qui sont liés au courant portant en ligne, qui sont donc ces fameux courants à travers lesquels les équipements Linky communiquent entre eux.
59:55
D'accord, donc vous mettez ces filtres. Est-ce que votre état de santé s'améliore un petit peu à ce moment-là ou pas ?
60:01
Alors, je n'ai pas pu m'en rendre compte. Disons, ce qui est sûr, c'est que ça a freiné l'évolution de ma maladie.
60:09
Et là où vraiment il y a eu une amélioration très notable, c'est lors de la cause du troisième filtre. C'est-à-dire qu'un peu plus... Une fois que j'ai bien compris que l'origine de mes troubles était effectivement liée au Linky, sur le conseil d'un conseiller en environnement électromagnétique, j'ai fait poser un troisième filtre et cette fois-ci en bordure de propriété. Et c'est à partir de là que mon état de santé a commencé de s'améliorer de manière vraiment sensible au fil du temps.
60:44
Ils ont été plutôt collaboratifs, Enedis, finalement, en acceptant de retirer ?
61:11
Donc vous avez signé une clause de confidentialité avec eux lorsqu'ils ont retiré le compteur ?
61:15
Non, ça s'est fait au téléphone. J'ai enregistré l'échange, d'ailleurs. L'échange a été enregistré, donc j'ai la preuve de ce que j'avance. J'ai la preuve que, à l'époque, mon interlocutrice était la responsable de la cellule de médiation nationale. Et elle m'a dit, monsieur Ouesvé, on a bien compris vos problèmes. Il faut savoir qu'à l'époque, ma maison était devenue inhabitable aussi, quand même.
61:39
À cause de ça ?
61:40
À cause de ça, je ne pouvais plus vivre chez moi.
61:41
Et donc vous habitiez où ?
61:43
Je vivais la nuit, je dormais dans ma voiture. C'était une phase très très compliquée.
61:51
Et vous travaillez Ludovic à cette époque ou encore peut-être d'ailleurs ? C'est quoi votre métier ?
61:55
Je suis professeur de philosophie.
61:58
D'accord.
62:00
Donc j'ai dû renoncer à mon activité professionnelle à l'époque. Par chance, j'ai pu bénéficier d'un congé de longue maladie.
62:08
qui a duré deux ans et neuf mois.
62:11
À cause de ça ?
62:12
Eh oui, à cause de ça, parce que le congé de longue maladie a débuté, c'était justement au mois de novembre 2019, vous voyez. Parce que là, mon état de santé, à la rentrée 2019, mon état de santé était vraiment à ce point détérioré que je ne pouvais quasiment plus aller nulle part, en fait.
62:32
Oui, parce que l'électrosensibilité, c'est toujours difficile à faire reconnaître, il me semble, non ? Ou les choses ont évolué ?
62:38
J'ai eu beaucoup de chance. Parce que j'avais un médecin traitant qui était... D'abord, le diagnostic avait été posé à l'époque, en 2019, par un médecin environnemental de Tours, un médecin qui travaille dans les centres de pathologie environnementale, des professionnels. Donc ça a été reconnu. Antérieurement, ma chimico-sensibilité avait été également reconnue.
63:08
Oui.
63:09
Voilà, on m'a fait passer des examens aussi, qui ont permis de corroborer ces troubles.
63:18
Donc tout a été, dans votre cas, en tous les cas, parce qu'il y a de nombreux électrosensibles qui ont du mal à se faire entendre.
63:27
Voilà, c'est ça. Vous avez eu la chance d'abord de bien diagnostiquer ce qui vous crée vos troubles et ensuite d'être pris en charge plutôt bien. Donc là, on est en 2020. Votre compteur Linky est retiré. Vous réintégrez la maison ?
63:41
Alors, oui. Ce qui était intéressant de constater, et c'est là que je vais pouvoir justement aborder vraiment le volet judiciaire dont je voulais principalement m'entretenir avec vous ce soir. Donc, Mon état, avec le retrait du compteur Linky, mon état a commencé de s'améliorer quand même. C'est-à-dire qu'en tout cas, il m'a été permis en journée de vivre chez moi. En journée, je pouvais... Parce que vraiment, mon lieu de vie était devenu inhabitable. Ma maison était devenue pour moi inhabitable jusque-là.
64:14
Donc j'ai pu...
64:16
Il a passé plus de temps chez moi.
64:19
Un labo de mesure de champ électromagnétique était intervenu chez moi. Il a pu constater que les trames CPL qui étaient émises par les Linky dans le voisinage étaient circulées à un rythme... Enfin, on en détectait moins, si vous voulez. Au lieu de détecter une trame toutes les 10 secondes, on en détectait une toutes les 50 secondes.
64:41
D'accord.
64:42
J'ai des rapports d'études qui permettent d'attester de cela. Donc en journée, ça l'est mieux. Le problème, et ce n'est pas un mince problème, c'est que mon sommeil était toujours extrêmement perturbé. Et tout particulièrement au moment où a lieu la phase de télérelève des compteurs Linky.
65:02
Ceux dont je ne pouvais pas ne pas me rendre compte, si vous voulez, parce qu'effectivement, si vous voulez, c'était vraiment, là j'ai encore à cette époque-là, je vivais une sorte de torture. C'est-à-dire qu'au moment où avait lieu cette phase de télérelève, il faut savoir que quand a lieu la phase de télérelève, vous avez des courants portants lininki qui sont émis en rafale.
65:23
Et tous ensemble, et tous ensemble, c'est ça ?
65:25
C'est des salves de signaux, ça tire à la mitraillette. Et ça, vous pouvez l'objectiver au moyen d'un récepteur radio, au moyen d'une sonde de tension partout en France. C'est quelque chose que vous pouvez constater si vous savez à quel moment commence la phase de télérelève, à quel moment elle finit. Si vous avez les bons appareils, vous pouvez très aisément... objectiver le phénomène en question. Moi, sur mon réseau social LinkedIn, j'ai publié énormément de vidéos qui permettent d'attester de ce que je suis en train de vous raconter.
65:59
J'ai fait intervenir en pleine nuit des huissiers de justice qui ont réalisé des constatations par rapport à ce dont je viens de vous parler.
66:07
Ce que vous venez d'évoquer.
66:09
Voilà. Un point tout de même intéressant à signaler, c'est qu'il y avait des études qui étaient prévues par l'Agence nationale des fréquences sur cette phase de télérelève auquel la NFR a finalement renoncé, tient donc. L'INERIS, autre agence d'État, de même est restée très discrète sur le sujet. Très discrète. Alors même, et j'ai la preuve aussi, que la personne qui a piloté les études pour l'INERIS était parfaitement au courant de la phase critique, de la phase problématique, très problématique, que représente cette période de la télé-relève Linky.
66:51
Mais c'est quoi la solution, finalement ?
66:53
C'est un scientifique qui s'appelle le docteur René Deceze. Ce monsieur qui a piloté l'étude pour l'INERIS, pour l'agence d'État...
67:03
je peux en apporter la preuve, était au courant que cette phase est particulièrement critique. Et les agences d'État ont fait silence là-dessus.
67:13
Mais Ludovic, c'est quoi la solution ? C'est d'échelonner ces télérelèves dans une journée ?
67:19
Déjà, il aurait fallu ne pas mentir. Déjà, il aurait fallu que les agences d'État disent la vérité aux citoyens et qu'on ne relaie pas le mensonge d'Enedis selon lequel les télétransmissions Linky, c'est quelques secondes seulement par jour. C'est comme cela qu'Enedis a vendu le déploiement des compteurs Linky aux autorités.
67:50
aux autorités sanitaires, aux autorités administratives, à tout le monde. Enedis a menti aux citoyens, Enedis a menti aussi aux pouvoirs publics, notamment aux ARS, notamment à la Direction Générale de la Santé. Il y a un document que j'ai pu me procurer, qui avait été remis à la DGS aux ARS, c'est l'ARS 36 qui m'a fourni le document en question, c'est un diaporama, qui fourmille de mensonges, et notamment sur la durée d'exposition.
68:24
Dans ce diaporama, Inidis a déclaré que l'exposition aux émissions Linky, c'est quelques secondes par jour, c'est un mensonge pur et simple.
68:38
Alors maintenant que c'est entendu, en tout cas dans votre bouche, et dans votre région, et dans votre coin, etc. Qu'est-ce que vous demandez, Ludovic ?
68:48
Alors, je reprends mon historique. Donc, en fait, ce qui s'est passé. 26 novembre 2020, retrait du compteur. Le problème, c'est qu'entre-temps, enfin pas entre-temps, mais mon état s'est un peu amélioré, mais mon sommeil restait extrêmement perturbé. Ce qui fait qu'à l'automne 2021...
69:08
J'ai, donc au mois d'octobre, dans un premier temps, mon avocate de l'époque, mais une avocate extraordinaire qui, hélas, m'a changé de camp entre-temps. Sinon, pour moi, elle a réalisé un travail absolument fantastique. Et donc, elle est entrée en communication avec les avocats d'Enedis à l'époque.
69:36
Et nous, ce que nous demandions, c'était une dépollution vraiment radicale de mon installation électrique, pour que vraiment mes troubles et mes gènes cessent. Enedis a refusé à l'époque. A la suite de quoi, j'ai assigné Enedis en justice une première fois. C'était au mois de novembre 2021, le 5 novembre 2021.
70:03
Donc vous voyez, encore le mois de novembre qui revient, et ça ne sera pas la seule fois. Et en revanche, le point que je dois souligner, parce que si vous voulez, je suis un malade environnemental, mais aussi je me considère comme une victime d'agissements de la part du gestionnaire de réseau, à savoir Enedis. Ce que j'ai pu constater au moment où j'assignais en novembre, en justice cette société, c'est l'apparition d'anomalies d'origine Linky sur mon réseau électrique.
70:41
Oui, c'est-à-dire, quel genre d'anomalies ?
70:47
Principalement, il y a eu des anomalies en intensité, mais c'est-à-dire que les signaux dépassaient la réglementation en vigueur, par rapport à ce qui est autorisé pour un signal, non pas un signal rayonné, mais un signal conduit qui circule sur le réseau.
71:04
Vous voulez dire, sans entrer dans la technique, parce que les auditeurs et moi-même, on n'y comprend rien, mais vous voulez dire qu'ils ont tenté de vous dissuader en vous envoyant plus de pollution électromagnétique ?
71:16
Exactement. Ils ont cherché à m'affaiblir, parce qu'à l'époque, mon électro-hypersensibilité était encore importante.
71:27
Enedis en avait parfaitement conscience.
71:33
Et donc, oui, ils ont cherché à nuire à ma santé. Ça, c'est évident. Il faut savoir qu'on était à l'époque en novembre 2021. On est aujourd'hui en novembre 2025.
71:46
Et j'ai constaté que... Parce que, si vous voulez, mon litige avec la société Enedis, c'est un litige au long cours. Depuis cette époque, il y a eu plusieurs plaintes de déposés. Il y a une action... Maintenant, il y a un litige en responsabilité.
72:02
Il y a eu initialement des litiges en référé, que j'ai perdu, je pourrais dire dans quelles circonstances.
72:07
Mais qu'est-ce que vous voulez Ludovic aujourd'hui avec eux ? C'est ça la question.
72:11
Ah oui, et bien maintenant c'est des dommages d'intérêt. Et Kennedy cesse de me soumettre à un harcèlement électromagnétique. C'est-à-dire que mon lieu d'habitation est soumis...
72:27
délibérément par le gestionnaire de réseau un bombardement électromagnétique. Donc, j'ai publié... D'abord, ça a été...
72:36
Il y a plusieurs plaintes très étayées, très documentées, qui ont été... Et c'est ça que je ne comprends pas, Ludovic, parce que comme ils savent très bien que vous êtes en train de faire les mesures dans tous les sens, ils savent très bien que vous allez sortir des dossiers d'expertise. Donc, c'est quoi leur intérêt de venir augmenter votre pollution électromagnétique, sachant que, de toute façon, vous êtes absolument au taquet ?
72:57
pour pouvoir faire les mesures. Je vais vous dire, parce que cette société a très bien compris que je suis un danger mortel pour elle. Je suis un danger mortel pour elle, un danger mortel pour la présidente de son directoire, donc ils essayent, par tous les moyens, de se débarrasser de moi. Et je dois vous dire que dans les phases où certaines anomalies se sont produites, notamment, je vais vous dire... Parce que la première plainte a été déposée contre Enedis, c'était à l'automne 2022, le 20 octobre 2022.
73:34
Deux jours plus tard, j'en ai informé Enedis, justement pour les dissuader de poursuivre. Ça ne les a pas du tout dissuadés, ça les a renforcés dans leur volonté de s'acharner contre moi.
73:48
Deux jours après le dépôt de ma plainte, je constatais, je pouvais constater, et j'ai fait constater, l'apparition, l'existence d'une anomalie en intensité, d'une anomalie Linky en intensité extrême. J'avais des signaux Linky sur mon réseau électrique qui circulaient entre 3 et 5 volts.
74:13
Il faut savoir que selon la réglementation en vigueur, la valeur limite se situe légèrement au-dessus de 1 volt. J'avais des signaux entre 3 et 5 volts.
74:24
Alors Louise nous pose cette question au 73921. Si vous n'aviez plus de compteur Linky en 2020, comment Enedis peut envoyer une surcharge d'ondes électromagnétiques en 2021 ? C'est ce que vous nous avez dit juste avant le flash.
74:37
Oui, oui, exactement. C'est qu'en fait, les courants portants en ligne NICI circulent sur la totalité du réseau électrique. Ils se propagent sur la totalité du réseau électrique. Donc, le fait même que vous n'ayez plus de compteur NICI ne vous préserve pas de courants portants en ligne NICI pouvant provenir des équipements NICI du voisinage, voire de plus loin, voire de plus loin.
75:02
Alors vous avez répondu à Louise. On a Jeanne qui pose cette question au 73921 en disant « Est-ce que vous avez prévenu votre député qu'il y a des choses qui sont néfastes pour la population puisque vous avez fait multiples études ?
75:14
» Oui, écoutez, moi j'ai alerté à tous les niveaux. de l'appareil d'État français. C'est-à-dire que mon affaire, c'est une affaire... Enfin, toutes les autorités ont été informées de cette situation, du bas jusqu'au sol au plafond de l'appareil d'État, du maire de ma commune jusqu'au président Macron.
75:41
En 2022, j'ai eu l'occasion d'adresser trois courriers à Macron. Mais pour ceux qui voudraient éventuellement aller voir sur le réseau social LinkedIn toute la documentation que j'ai mise en ligne sur le sujet, qui est...
75:56
Alors moi j'ai une autre question, on risque de vous froisser mais je vais vous la poser quand même.
76:00
Pardon, je voulais juste finir. Toutes les autorités ont été informées sur cette problématique. Les autorités politiques, les autorités administratives, l'autorité concédante dont Enedis est le concessionnaire, là où j'habite c'est le syndicat départemental des énergies de l'Imbre.
76:21
La mairie, la préfecture, toutes les autorités sanitaires, de l'ARS jusqu'à la direction générale de la santé, le ministère de la santé. Donc, si vous voulez, mon affaire, les médias sont au courant. Europe 1 est au courant de mon affaire.
76:39
Aujourd'hui, vous vivez toujours dans votre maison ?
76:42
Oui, maintenant je vis de nouveau chez moi. J'ai la chance de pouvoir vivre de nouveau chez moi. Je continue d'avoir une petite gêne au moment où a lieu la phase de télérelève, mais c'est sans commune mesure avec les douleurs insoutenables que j'ai dû endurer à l'époque où ma maison n'était encore protégée que de deux filtres.
77:02
C'est ce que vous l'avez dit, c'est quand vous l'avez rajouté à la lisière de la propriété.
77:08
C'est à partir de là que mon état de santé a vraiment commencé et de s'améliorer.
77:13
Donc, dès qu'ils vont cesser les télérelèves au même moment, ce qui crée donc une rafale, comme vous l'avez dit, d'ondes électromagnétiques, vous, vous pourrez vivre tranquille dans votre maison et reprendre une vie normale. C'est bien cela ?
77:26
Ben, disons que... Moi, ce que je demande à Enedis, premièrement, c'est d'arrêter le harcèlement électromagnétique auquel elle me soumet depuis maintenant... plus de 4 ans. Ça a commencé au début du mois de novembre 2021. Là, on est en novembre 2025. Donc là, j'ai publié d'ailleurs sur mon réseau tout à l'heure, LinkedIn, une vidéo qui montre qu'à présent, la société NEDIS se sert pour lancer ses attaques, ce qu'il faut bien appeler des attaques au CPL-Linky, ne se sert plus du poste de distribution d'électricité qui se situe Sur la place principale de la commune, juste à côté de l'école, évidemment c'était un petit peu gênant, parce que j'ai eu l'occasion d'alerter sur le fait que l'école était en quelque sorte en position de victime collatérale.
78:23
Donc ils se servent à présent, je l'ai constaté tout à l'heure, la gendarmerie était là d'ailleurs, ils se servent du poste de transformation qui se trouve dans le lotissement voisin.
78:40
Mais est-ce qu'il y a d'autres personnes ?
78:57
que celle que j'ai pu faire constater à plusieurs reprises par des labos accrédités, par des huissiers de justice. Je vais vous lire un très court extrait d'un des rapports en question. Donc c'est du labo EXEM, labo accrédité et en principe indépendant.
79:17
Il est écrit ceci, c'est une annexe, un rapport qui a été réalisé pour une expertise du 10 février 2022. On peut lire ceci. La période d'envoi, d'envoi du signal, c'est ça que ça veut dire, qui apparaît sur le rapport X, Y, qu'importe, est de 12,9 secondes. Donc, signal envoyé toutes les 12,9 secondes. Mais, en revanche, la précision qui suit est absolument capitale. Cette période n'est pas celle d'une simple trame CPL-Linky isolée, ou d'un signal CPL Link isolé, mais celle d'un paquet de trams CPL d'une durée de 3 à 4 secondes à chaque envoi.
80:00
Et donc ce qui se passe, c'est que grâce aux équipements dont vous disposez, je peux mettre en évidence l'existence d'un trafic des courants portants Linky totalement répétitif.
80:17
C'est d'une alternance de phase avec CPL de 3-4 secondes et de phase sans CPL de 9 à 10 secondes.
80:23
Dites-moi Ludovic, il y a d'autres personnes qui se plaignent de la même chose que vous dans votre village ?
80:28
l'association d'électro-hypersensibles, qui sont aussi en pointe dans le combat contre la société Nédis. Je pense par exemple à l'association Robin Destois.
80:38
Oui, bien sûr, c'est l'association Phare. Alors moi j'ai une autre question à vous poser. Je suis membre. Vous allez me détester, mais c'est pas grave, je me fais l'avocat du diable. J'adore. la contradiction. Alors, il me semble, Ludovic, que, alors je comprends bien que cette société, elle vous veut du mal, on a bien compris, mais il me semble que vous avez énormément d'énergie pour la combattre, alors que cette énergie, vous pourriez aussi la mettre à votre service en retournant travailler, par exemple, vous voyez ?
81:04
Eh bien, écoutez, c'est une bonne question, c'est une bonne remarque, je veux dire, plutôt. Effectivement, moi, je préférerais être devant mes élèves Parce que, si vous voulez, je continue d'être soumis à un stress inimaginable qui m'a valu d'ailleurs d'être d'un sujet psychologique. J'ai des répercussions psychologiques très très importantes de l'anxiété. Donc, bien sûr, dans les demandes de dommages et intérêts que je fais auprès de la société Nidis, il y a tout un volet sur le préjudice d'anxiété, sur les troubles.
81:40
La santé mentale ?
81:43
anxio-dépressif aussi que toute cette situation a généré chez moi. Donc, mon énergie, c'est l'énergie du combattant.
81:50
Oui, c'est ça. C'est votre cause, là. On sent bien que c'est votre cause. Vous vivez seule dans la maison ?
81:55
Non, non, non. Actuellement, j'ai une femme.
81:58
Et alors, elle vit bien ou elle est aussi électrosensible ?
82:02
Non, non. Elle n'a pas développé ses troubles. Elle avait de légers acouphènes avant que...
82:11
Pendant un certain temps, si vous voulez. Et puis, il y a une autre personne qui est tombée malade, mais je ne souhaite ne pas évoquer son cas, parce qu'elle ne le souhaite pas, mais qui a développé des troubles analogues aux miens, très graves. Je ne veux pas en dire plus. Donc, en fait, dans la maison, on a été deux quand même, impactés, deux sur quatre. Et voilà, donc on a des enfants, mais maintenant, ils sont en études.
82:35
Oui, donc il n'y a pas que vous. C'est qu'il y avait quand même quelque chose à la base, effectivement, qui semblait poser problème en tout cas.
82:43
Oui, et mon cas n'est pas isolé. Il suffit de faire le tour des associations de l'électro-sensible. Le nombre de témoignages de personnes dont l'état de santé a été impacté suite à la pose d'un compteur Linky est tout à fait notable. Simplement, c'est un scandale industriel ou sanitaire. Et donc, les autorités font preuve de complaisance. Après qu'Enedis leur a menti, maintenant, les autorités se montrent complaisantes. C'est-à-dire, autrement dit, elles se taisent pour ne pas déplaire à Enedis et pour éviter que cette affaire ne fasse des vagues.
83:21
Parce que ce que moi, j'ai pu découvrir entre-temps... Aussi, c'est un autre volet du scandale. C'est un scandale industriel ou sanitaire, écologique, parce que l'environnement électromagnétique, contrairement à ce que prétend une EDIF, est notablement modifié par la présence du système Linky et des émissions rayonnées d'origine Linky. Et il y a aussi une dimension...
83:48
économique à ce scandale, parce que moi ce que j'ai pu constater, c'est qu'après le retrait de mon compteur Linky, ma consommation d'électricité avait baissé de 30%. Ce qui veut dire, à contrario, que tout le temps où j'ai eu un compteur Linky, équipant mon lieu d'habitation...
84:11
Mais vous payez plus cher.
84:13
qui entraînait une surconsommation d'électricité et par conséquent une surfacturation.
84:18
En tout cas, Ludovic, on a bien compris ce soir sur l'antenne d'Euro par votre colère, vous ne décolérez pas. Ah oui, je suis un homme en colère. Voilà, donc je vous propose de nous rappeler dans quelques mois pour nous dire où vous en êtes dans ce combat que vous menez. En tous les cas, j'entends bien l'énergie du combattant, mais l'énergie est là en tous les cas.
84:39
Alors, comme je vous ai dit, là aussi c'est parce que je suis au téléphone, mais j'ai des moments de très très grande fatigue.
84:50
C'est un combat très dur, parce que si vous voulez, moi je tente de briser le mur du silence.
84:55
En tout cas, on l'a bien entendu ce soir, Ludovic.
84:59
Je vous laisse, parce qu'on a de nombreux... Des moments de soutien institutionnel, vous pouvez l'imaginer. Derrière Enedis, il y a EDF, derrière EDF, il y a l'État. Et il y a tout un ensemble d'acteurs institutionnels, jusqu'au sommet de l'État, jusqu'à M. Macron, qui ont intérêt à ce que ce scandale n'éclate pas, à ce que la vérité n'éclate pas. ok Ludovic on a bien entendu votre colère donc je vous souhaite évidemment une bonne santé ça s'impose et je vous dis à bientôt au revoir merci pour votre écoute et puis j'espère au revoir que mon témoignage voilà en tout cas aura sans doute trouvé des échos si d'autres personnes en tout cas j'espère que ça aura été un témoignage édifiant pour les auditeurs d'Europe 1 merci à vous au revoir Ludovic au revoir au revoir
86:06
Mais vis-toi, petite gueule, de ces langues qui on sarcelle Car toi tu n'es pas fait comme le commun des mortels Je veux nager dans l'essentiel, ramer contre l'étincelle Tarder en attitude, trop peu de quiétude, petit piqueur de rappel
87:13
Petite gueule allait danser face au détraqué Elle fait danser les vagues au-dessus de ses ratés Je nage droit, je souris aux plantes Petite gueule, faut que tu te détendes Est-ce qu'il faut vivre toute une vie en dents de scie ?
87:25
Regarde-toi petite gueule quand tout le monde est parti T'es toute seule, ma petite gueule De ces langues qui en sorcellent Car toi tu n'es pas fait comme
88:28
Bonsoir Lionel.
88:36
Oui, bonsoir. Merci d'être avec nous. Pour nous parler de quoi de votre côté Lionel ?
88:43
Écoutez, je vous appelle parce que je vous avais déjà appelé au mois de septembre. C'est au sujet des trois malvoyants qui avaient parlé, dont Antonio de Bordeaux.
88:53
Qui faisait de la radio, non ?
88:55
Voilà.
88:57
Voilà, et Antonio, on m'avait parlé en direct, j'appelle justement pour le remercier, justement pour m'avoir conseillé d'acheter des lunettes Ray-Ban.
89:11
Ah bah écoutez, la semaine dernière, on a eu un auditeur aussi.
89:14
Voilà, j'ai entendu aussi le monsieur là, qui avait 75 ans, au 79.
89:20
Et ça a changé sa vie ?
89:22
Ça a changé ma vie aussi, moi. Alors ? Ce n'est pas encore au point parce que, bon, c'est vrai qu'il faut s'y habituer, ça va. Mais où j'ai trouvé formidable, c'est que, bon, je vous appelais au mois de septembre et je suis parti en vacances avec ma petite fille en Côte d'Ivoire du 15 janvier au 30 janvier.
89:44
Tous les deux, Lionel ?
89:48
Avec ma petite fille de 26 ans parce que ses origines sont de Côte d'Ivoire et elle voulait retourner dans son pays.
89:55
Et on a fait un voyage formidable.
89:57
Non mais attendez, cadeau de la vie là quand même. Le voyage grand-père-petite-fille. Ben oui, à 86 ans bientôt. À 86 ans.
90:08
Vous savez quoi ? Vous nourrissez mon cœur là ce soir en nous racontant cela. C'est comme Lucette qui est proche de sa petite-fille. Ça fait tellement du bien d'entendre que des liens comme ça sont aussi forts que vous partez tous les deux comme ça en Afrique... Alors, racontez-nous ce voyage plein d'émotions, j'imagine. Ça vous arrive souvent à partir ?
90:27
Ah, plein d'émotions. C'était formidable. Oui, c'était formidable. On est arrivé à Bidjan. On a trouvé sur des gens vraiment gentils, qui sont simples, qui sont...
90:37
Les gens, ils sont souriants, alors que chez nous, là, c'est vrai, moi, je n'ai pas l'occasion d'aller à Paris, ou très peu, si tu étais pour prendre l'avion, mais les gens, on dirait qu'ils ont peur les uns des autres. Là, les gens, ils sont accueillants, ils sont souriants, ils ne sont pas riches, la plupart, mais ils sont prêts à donner tout ce qu'ils ont, en plus. Ça fait drôle, vous savez, quand on arrive de France et qu'on est là-bas, avec ma petite fille, là, c'était formidable, hein ?
91:05
C'est la richesse du cœur, la richesse du cœur.
91:09
Oui, oui, vraiment, c'était bien. À Bidjan, là, je vois l'Otalo parce qu'on a changé de plusieurs fois. Et comme moi, je suis malvoyant, j'avais donc mon bâton blanc, ma canne. Et tout de suite, ils étaient prévenants par rapport à moi et tout. C'était formidable.
91:24
Voilà.
91:25
Elle a été vos yeux, votre petite fille ?
91:27
Ah oui, oui, oui, oui. Oui, oui.
91:31
C'est magique. Vous avez été un peu, je ne sais pas, faire un safari ou voir des animaux sauvages ?
91:39
Non, on est arrivé à Abidjan, on est resté trois jours, on était sur les marchés à Abidjan, parmi la foule et tout. Et après, on est allé à Yamoussoukro.
91:50
Je ne sais pas si vous avez entendu parler, il y a une basilique.
91:54
Magnifique basilique, oui.
91:56
Ah, elle est formidable, formidable. Et d'ailleurs, avec mes lunettes, j'ai arrivé à filmer un petit peu.
92:03
Ah !
92:04
Ah oui, oui, oui, j'ai filmé, j'ai... Ce qui était bien, c'est que j'ai pu téléphoner à mes enfants, à mes filles de là-bas, à mes amis, avec mon téléphone, avec mes lunettes.
92:17
Donc vous les avez étraînés lors de ce voyage en Afrique avec votre petite-fille ?
92:22
Oui, grâce à ma petite-fille, parce que moi, quand c'était déréglé, comme je ne vois pas bien, je ne pouvais pas les remettre, mais elle était vraiment formidable. Et c'est un bout d'entrain extraordinaire. On était reçus partout. Il y a Moussoukrol, on était reçus vraiment bien les gens. C'était formidable. C'est dommage que c'est très loin. Et puis maintenant, à l'âge que je suis, on me dit, papy, quand tu voudras, on retourne. C'est vraiment, c'est quand même un voyage fatigant. Mais vraiment. Et puis après, on est allé à Boquet. C'était le village de la ville de ses origines.
92:55
Donc on a vécu pendant deux jours avec la famille là-bas.
93:02
Elle est en contact avec sa famille d'origine.
93:05
Ah oui, on a mangé avec eux et tout là-bas. Vous savez, il n'y a pas plusieurs menus.
93:12
Ils n'ont pas grand-chose, mais ils donnent tout ce qu'ils ont. On a bien mangé en plus. Les enfants étaient là autour de nous, ils étaient polis. Moi, je les ai fait chanter, je les ai fait courir. Ma petite fille a joué avec eux aussi. » Mais les femmes et ça à faire la cuisine à 103 ou 4, les unes à côté des autres, à faire de la cuisine par terre. Comme moi j'étais allé au Mali et au Burkina Faso en 2010, en 2001, oui pardon. Et j'ai retrouvé ça encore, là c'est d'une simplicité, c'est formidable.
93:48
Vous vous habitez où Lionel en France ?
93:51
J'habite en Vendée.
93:52
Oui, pourtant vous êtes dans une belle région en plus, vous.
93:54
Oui, je ne me plains pas de ma région. Je suis à 25 kilomètres des Sables d'Olonne.
94:00
Oui, c'est pas mal quand même. Oui. Qu'est-ce que vous allez retenir comme enseignement de ce voyage en tête à tête avec votre petite fille ?
94:09
C'est-à-dire... Pour moi, c'est un truc extraordinaire. Et puis même pour elle aussi...
94:17
Je ne sais pas comment dire ça. Vous me posez une question.
94:24
Comment sont vos rapports grand-père, petite-fille ? Comment vous les qualifieriez ? Elles se confient à vous ?
94:31
Ah oui, oui, oui.
94:33
Ah oui, mais j'ai cinq petits-enfants, mais j'en ai trois, surtout qu'on a élevés avec mon épouse, qui malheureusement n'est plus là, ça va faire deux ans et demi passés. Mais j'ai ma petite-fille, j'ai une petite-fille qui est un renne, je l'avais appelée tout à l'heure aussi, j'ai mon petit-fils qui est sur Paris en ce moment à travailler, on a des contacts sans arrêt le soir.
94:57
Ils savent que je suis tout seul, donc moi j'écoute beaucoup. Europe 1 aussi, moi le soir, j'aime bien vous écouter. J'aime bien vous écouter, et je vais vous dire, là je viens d'écouter, donc cette dame qui est en dépression, et je comprends, vous savez, la solidarité, ça existe, mais c'est un peu rare. Mais je vais vous dire, vous êtes pour tout le monde, vous êtes une mère.
95:22
Oh là là !
95:26
Tout le monde se confie à vous. Cette dame qui a téléphoné avant pour sa petite fille qui s'éteint les cheveux, tout ça, qui lui demande des conseils. Et vous les conseillez d'une façon très, très calme. Et vous trouvez toujours les mots pour... pour arrondir les choses, c'est formidable. Vous êtes une femme formidable.
95:44
Oh Lionel, j'ai l'air aux yeux là, vous m'y touchez.
95:48
Nicolas aussi, Nicolas est très gentil aussi. Et oui, et oui, et oui. Et donc moi, c'était formidable, c'était bien. C'est très bien.
95:58
Et qu'est-ce qu'elle fait votre petite fille de 26 ans ? Elle fait des études ou elle travaille ?
96:03
Elle est à Paris, elle habite à Vitry, mais donc c'est la danse.
96:10
Donc elle n'est pas professionnelle encore, mais bon, c'est très très dur parce qu'il faut qu'elle paye ses cours et tout. Et elle fait de la restauration, elle travaille la nuit, elle travaille le jour, elle n'arrête pas.
96:23
Pour pouvoir payer ses cours. Et elle fait de la danse moderne, la danse classique, la danse contemporaine ?
96:29
Moderne, oui. Moderne ? Oui, elle a de l'énergie, je vous dis.
96:33
Et elle veut en faire un métier ? Elle va essayer.
96:36
Là, elle commence à faire des clips, maintenant, pour des chanteurs et tout.
96:42
Mais autrement, pour gagner sa vie, pour payer son loyer, qui est très cher aussi. Et donc, elle travaille le jour, elle travaille la nuit.
96:54
Voilà. Elle se donne les moyens, c'est le cas de le dire.
96:57
Ah oui, oui, c'est une bosseuse. Pour réaliser son rêve. Et c'est tous les bosseurs, mes petits-enfants. Ils sont tous travailleurs.
97:01
Et vous faisiez quoi, Lionel, avant, comme métier ?
97:04
Moi, je vous l'ai dit, vous ne vous rappelez pas, j'étais marchand de bestiaux et agriculteur.
97:09
Ah oui, donc un homme de la terre.
97:14
Avec des racines.
97:16
Oui, oui. J'ai commencé à travailler à l'âge de 13 ans, donc le travail ne tue pas.
97:23
La valeur travail, elle est primordiale dans votre famille.
97:27
On voit que les petits-enfants... Et la politesse aussi, surtout. C'est vrai que j'ai la mère de ma petite-fille qui...
97:36
qui a voyagé beaucoup, qui a été beaucoup en Afrique, elle disait l'éducation que vous nous avez donnée, l'éducation comme ça, tu peux te présenter partout. Tu te respectes les gens et tu respectes. Voilà.
97:51
Tout à fait, le respect c'est fondamental. Entre l'amour et le respect, qu'est-ce qui est le plus important ? C'est le respect.
97:57
Le respect, oui. Avec mes petits-enfants, ça se passe très bien. Et puis ma petite-fille qui est à Paris, qui m'écoute en ce moment, et je lui fais des gros gros bisous d'ailleurs à Leïla.
98:07
Nous, on l'embrasse aussi. Tout le type d'Europa embrasse Leïla ce soir parce que franchement, c'est une petite-fille géniale de proposer à son grand-père de l'emmener en Afrique à 86 ans.
98:19
Et elle m'a emmené partout, j'ai suivi partout, il faut voir où c'est qu'on est allé. Elle m'a fait passer dans des endroits des fois, je lui dis c'est pas possible. Mais c'était formidable. Tout le monde rêve de cela. Pardon ?
98:33
Tout le monde rêve de cela Lionel.
98:36
Voilà, ben oui. C'est vrai, c'est une chance pour moi.
98:39
Et bon, après, je suis revenu avec plein de choses dans la tête. Et puis, voilà.
98:48
Le retour au quotidien, il n'est pas un petit peu difficile, non ?
98:53
Non, j'ai repris à m'occuper. Malheureusement, j'ai été malade. Le cœur en a mis une pile, c'était grand temps.
99:02
Ah, le pacemaker, le pacemaker.
99:06
Voilà, j'ai ça maintenant depuis le 28 février.
99:08
Oui.
99:09
Parce qu'autrement, à quelques heures près, j'y passais.
99:13
Enfin, ça va bien. C'était pas votre heure. Christiane nous dit au 7-39-21, c'est très réjouissant et magnifique, votre récit.
99:23
Je sais pas, mais je voulais remercier Antonio, surtout.
99:28
ah pour les lunettes mais Antonio c'est votre maître à tous parce que franchement c'était magnifique d'abord son témoignage était magnifique parce qu'il avait une énergie une énergie incroyable il avait entendu aussi oui le monsieur aussi il avait entendu parce que depuis vous avez acheté vous êtes nombreux à avoir acheté ces fameuses lunettes Ray-Ban ah oui c'est formidable connecté c'est ça moi je vais chercher mon courrier et maintenant j'arrive à lire mon courrier enfin mes lunettes lisent mon courrier
99:59
Par contre, je ne peux pas les garder trop, trop longtemps parce que j'ai plein d'acouphènes. Et si je les garde trop longtemps, les lunettes, ça me donne un peu mal à la tête. Mais bon, je sais maintenant comment il faut opérer. Je les prends juste pour lire, pour lire mon courrier. Et c'est bien. Voilà, je ne regrette pas. C'est formidable. Et je conseille même les...
100:22
Je ne comprends même pas. D'ailleurs, je fais partie d'une association de malvoyants, qui fait partie de la Roche-sur-Yon, d'ailleurs, qu'on ne conseille pas, qu'on n'en parle pas.
100:32
Mais oui, c'est bizarre. Et ça devrait être remboursé par la Sécurité sociale, surtout.
100:37
J'en ai une petite partie qui a été remboursée. Une petite partie. Mais c'est bien, quand même.
100:42
En tout cas, sur l'antenne d'European, on en a parlé grâce à Antonio. Et puis, vous voyez bien l'information aussi. Donc, c'est important.
100:50
Je le remercie beaucoup. Et comme par hasard, l'opticien qui s'occupe de mes lunettes, il s'appelle Antonio aussi.
100:58
Il n'y a pas de hasard, franchement. Et puis vous êtes resté en contact et c'est aussi cela la promesse de la libre antenne d'Europe 1. Donc nous, il n'y a rien qui peut nous faire plus plaisir que cela. Merci beaucoup Lionel.
101:09
Merci à l'Aïla aussi qu'on ne connaît pas. Je vous écoute beaucoup et vous êtes formidables. Merci. Et continuez à faire ce que vous faites, c'est formidable. Et je vous embrasse.
101:18
Moi aussi, je vous embrasse très fort. A bientôt Lionel. Au revoir.
101:33
Valérie Darmont. Bonsoir et bienvenue dans les meilleurs moments et sans doute les moments les plus forts de la libre antenne de cette semaine. N'hésitez pas tout de même à composer le 01 80 20 39 21 01 80 20 39 21 numéro non surtaxé de notre standard et vous pouvez aussi nous écrire pour réagir à ce que vous entendez à l'antenne au 7 39 21 75 centimes plus coup du SMS.
101:59
Bonne émission. Europe 1, la libre antenne. Bonsoir Grégory.
102:04
Oui, bonsoir Valérie. Je suis très content de vous parler. Ça fait un petit peu plus d'un an qu'on avait échangé sur l'antenne. Oui. Je vous avais appelé parce que je vivais une rupture assez compliquée avec un garçon extrêmement...
102:27
qui avait un peu le dessus sur moi et je me sentais extrêmement rabaissé, je n'arrivais pas à reprendre la main sur ma vie.
102:33
Mais je crois me souvenir de vous, c'était même un peu un pervers narcissique ou manipulateur dans mon souvenir.
102:38
Oui, c'est vrai que j'ai eu mal avec ce terme de pervers narcissique, mais c'est vrai que c'est quelqu'un qui était très peu empathique et qui... Il n'y avait pas beaucoup de bienférences envers moi.
102:49
Voilà, c'est ça. J'ai un souvenir de cela, Grégory, et puis votre voix résonne. Donc, c'était il y a un an et vous nous aviez appelé parce que vous étiez démuni, je crois, face à cette situation qui est en train de se terminer.
103:02
Voilà, parce qu'en fait, il me demandait de revenir. C'était plutôt pour des besoins charnels qu'autre chose.
103:10
Et moi, j'espérais autre chose. Au fil du temps, au fil des mois, j'ai réussi à me défaire et le lien s'est complètement détaché. Et puis, je me suis remis en question. Je me suis demandé quel serait le partenaire idéal pour moi et quel serait le profil du partenaire qui pourrait me contenir. Parce que je suis quelqu'un de plutôt sensible, de très impactif.
103:33
Et j'ai rencontré un garçon qui a les mêmes aspirations que moi, qui est très empathique, qui est très sensible, etc. Et en fait, c'est une relation qui se montre également très dysfonctionnelle au sens où on peut tout à fait faire des projets très importants et les annuler.
103:52
où nos émotions se confrontent et du coup je suis complètement perdu parce qu'en fait je ne sais plus très bien quel est le partenaire qui m'allait très bien mais ça fait combien de temps que vous vous connaissez ? ça fait 5 mois donc on est encore dans la période d'ajustement oui c'est ça vraiment c'est les montagnes russes émotionnelles je peux avoir le matin même un mot de 4 pages avec des déclarations de l'amour à n'en plus finir Et puis le soir même, un message m'indiquant qu'il ne sait plus très bien où il en est, etc. Et c'est vrai que c'est très difficile à vivre.
104:30
Et que quand ça se multiplie sur des jours et sur des semaines, j'en viens à douter de la véracité de ses sentiments et de ce qu'il attend de moi. Et c'est quelque chose qui est compliqué.
104:41
C'est terriblement insécurisant en tout cas. Mais vous, qu'est-ce que vous attendez de lui surtout ?
104:47
Moi, je me suis surpris parce que j'ai toujours été convaincu que j'avais besoin de quelqu'un qui me dominerait au sens de qui prendrait un peu le lit sur la relation, d'un peu, voilà, le mal alpha, si on peut parler d'une manière un peu triviale. Et là, je me suis surpris, effectivement, à me laisser attendre rire par quelqu'un de sensible et puis à apprécier la sensibilité. Et en ça, je me sens très perturbé parce que ça a un petit peu modifié mes paradigmes de En tout cas, ma vision des choses.
105:19
Et j'étais persuadé au départ que peut-être était-ce la solution pour sortir un peu des schémas dans lesquels j'étais parce que j'ai accueilli des relations avec des garçons qui avaient le dessus sur moi, ne s'intéressaient pas vraiment à mes intérêts ou les suivaient. Et là... Je me ressens dans une situation qui est différente, mais au final, je suis tout aussi malheureux et aussi frustré.
105:45
Donc, c'est compliqué. Peut-être que c'est surtout parce que ce n'est pas le bon terme, c'est peut-être juste la relation avec de l'équité qui est importante. Ou les deux sont au même, sont à niveau. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas l'un domine l'autre, ni dans un sens, ni dans l'autre. C'est surtout, on est dans une équité, dans une forme d'équilibre.
106:04
Oui. Mais c'est vrai que je n'avais jamais eu à prendre en charge la sensibilité et l'émotion de l'autre. C'est quelque chose qui n'est pas simple. Et c'est vrai que très souvent, il en vient à des mots assez blessants, comme si je le manipulais, c'est ces termes. Alors que je lui dis « mais ce n'est pas mon propos, j'essaie simplement de comprendre ce qui se passe ». Et c'est vrai que cette manière de surinterpréter mon questionnement... Ça rend la communication très compliquée, en fait.
106:32
Déjà, vous dites, Grégory, prendre en charge les inquiétudes de l'autre, les insécurités de l'autre. On ne prend pas en charge l'autre. Vous n'êtes pas son psy, vous n'êtes pas un infirmier. Non, on ne prend pas en charge. On peut accueillir, bien évidemment. Ça fait partie de la communication. Mais on ne prend pas en charge.
106:53
Bien sûr. Et souvent, il me reproche pas mal de choses, parce que souvent, il me dit « je suis l'homme de ma vie ». Et c'est vrai que j'aime pas vraiment ce terme, cette terminologie. C'est quelque chose qui me rend assez mal à l'aise, parce que c'est contextuel et c'est mis au moment. Et je préfère simplement qu'il me dise qu'il m'aime plutôt qu'il me dise que je suis l'homme de sa vie. Parce que, évidemment, il a déjà lu à d'autres. Et c'est vrai qu'il peut tout à fait s'enflammer sur des déclarations...
107:24
absolument du tir en lit et puis quelques heures plus tard se mettre en retrait et là il y a eu un événement il y a deux jours on passait une épulente soirée et il a littéralement pété un câble il a lancé de ses plans par les cas que ses parents lui avaient offert et puis il m'a dit il faut que tu rentres chez toi et moi j'étais tétanisé et j'ai rien dit il m'a reproché de m'être montré indifférent alors que je ne savais pas comment réagir en fait
107:54
Mais vous lui avez dit, vous lui avez expliqué ?
107:55
Je lui ai dit sur le lendemain, parce que sur le moment, j'étais un petit peu abasourdi, en fait. Je lui ai demandé pourquoi il faisait ça, alors qu'on passait une très bonne soirée, et que quelques heures plus tôt, il me disait qu'il m'aimait de tout son cœur, etc. Et puis, quand il a fait ça, qu'il m'a dit « je te ramène chez toi », je n'ai rien dit, en fait. Je lui ai dit « ok ». C'est peut-être préférable que tu m'as ramené chez moi pour ne pas entendre les choses.
108:23
Et pourquoi il faisait ça, quand même ? C'est parce qu'il avait accumulé des rancœurs contre vous qu'il n'avait pas exprimées sur le moment ? Et c'était le... Je ne sais pas, il y a une goutte qui a fait déborder le vase sur quelque chose de complètement anodin ?
108:35
Ce qui s'est passé, c'est qu'il avait obtenu une augmentation au niveau de son travail. Donc, pour lui faire plaisir, j'avais acheté une boudaille de champagne...
108:45
Et en fait, je suis allé aux toilettes et il a avalé toute la bouteille de champagne en une seule fois.
108:53
Je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça. Il m'a dit qu'il ne comprenait pas pourquoi il avait fait ça et il a complètement perdu le contrôle. En fait, il a un problème avec les addictions, c'est-à-dire qu'il ne boit pas très souvent, mais quand il boit, il boit très vite, c'est beaucoup fou.
109:09
Et je lui ai dit, mais j'ai acheté cette bouteille pour célébrer son augmentation, pour te dire que j'étais fier de toi. Et à partir de ce moment-là, il a brillé et je ne sais plus, je ne le contrôlais plus en fait.
109:23
Ah oui, donc il n'a pas pu contrôler ses émotions parce qu'il avait trop bu, finalement. C'est ça, parce qu'il ne contrôle pas ses addictions, ses compulsions.
109:33
Oui, c'est ça. Il est très excessif dans tout ce qu'il fait. Je ne pense pas à l'alcoolie parce qu'il ne boit pas très souvent. Et c'est vrai que quand il m'a proposé de me ramener, je lui ai pris un Uber parce que dans la mesure où il était alcoolisé, je ne voulais pas qu'il ait un contrôle.
109:48
Il y a quelque chose d'irrationnel à l'idée de boire toute la bouteille d'un seul coup aussi.
109:52
Bien sûr, et puis ça s'est fait en même pas deux minutes en fait. Je lui ai demandé pourquoi la bouteille était vide, et il m'a dit, j'ai tout bu.
110:00
Est-ce qu'il a une tendance à s'auto-détruire ou à s'auto-saboter ?
110:04
Oui, tout à fait. Il a cette tendance-là, et il est assez honnête avec lui-même, il le reconnaît, mais il me dit que c'est ainsi, et que parfois il a ce besoin de...
110:20
de faire cela, de ce que ça botait, d'aller dans les excès, d'aller trop loin. Plusieurs fois en soirée, je l'ai vu avaler des verres d'alcool, des peintres de bière en 30 secondes, etc., en me demandant pourquoi il faisait ça.
110:37
Et quand j'essaie de rentrer en contact avec lui par rapport à ça, en fait, c'est compliqué parce qu'il se montre bloqué et il ne refuse que de m'en parler, en fait. alors qu'il peut lui arriver des jours et des semaines sans consommer du tout. C'est juste qu'il a des moments où une addiction prend une place extrêmement forte.
110:58
Encore une fois, ce n'est pas une addiction, parce que c'est une fois de temps en temps, mais c'est son état un petit peu limite qui prend le pas. Il ne consulte pas de psy ?
111:09
Si, il consulte une psy, et là il va avoir une neuropsychologue parce qu'il Il souhaite être diagnostiqué pour un trouble TDAH, et on n'est pas certain. C'est son intention en décembre, donc il l'a encouragé, puisqu'il souhaite absolument mettre un mot sur ce qui le dérange. Mais à part ça, non, il n'a pas un suivi très régulier.
111:33
Vous, dans mon souvenir, Grégory, il me semblait que vous aviez commencé une thérapie, non ?
111:38
Oui, j'ai une thérapie, ça m'a beaucoup aidé. Donc là, actuellement, il y a un suspens parce que je pense que j'ai pu régler pas mal de choses. Mais je pense à la reprendre parce qu'en fait, je me sens très mal parce que l'incertitude, le fait de prévoir des choses et de voir que je suis familier, de m'inquiéter en pleine journée quand je suis au travail et de devoir rentrer, en fait, ça me crée une...
112:03
un sentiment d'oppression qui est très important.
112:06
Et d'instabilité aussi. Ce n'est pas un facteur sécurisant, stable, un facteur de sérénité dans votre vie, ce garçon, il me semble.
112:17
Non, il se montre très jaloux. Dès que je vois un ami, il imagine que je vais lui être un fidèle. C'est quelque chose qui est très complexe. Il est à la fois dans le refus que je lui montre mes amis, il est à la fois dans la méfiance, Moi, je n'ai rien à cacher, donc il est bienvenu, mais ce n'est pas simple, en fait.
112:38
Et pourquoi il ne veut pas rencontrer vos amis ?
112:42
Il me dit qu'il est plutôt du genre à compartimenter, qu'il souhaite que ses amis, ce soit les siens, les miens, ce soit les miens, et qu'il n'a pas très envie, en fait, de tout mélanger. Moi, je lui ai évoqué qu'en étant avec lui, je voulais partager ma vie, au sens de toute ma vie, que c'était ok qu'ils voient ses amis etc mais que je ne comprenais pas très bien qu'ils ne veuillent pas avoir les miens mais c'est vrai que là ce soir par exemple j'ai eu par mail des insultes prétendant que possiblement j'avais couché avec l'ami que j'ai dit tout à l'heure alors que ce n'est pas le cas du tout et c'est très compliqué parce qu'en fait je venais faire en explication en explication en disant qu'il n'y a que lui et ça me blesse en fait depuis de penser ça
113:30
Oui, c'est de la jalousie maladive.
113:36
Oui. Et en fait, au niveau de cela, j'ai quelques pistes. C'est-à-dire qu'il a eu... Moi, j'ai 37 ans, lui, il a 38 ans, donc on a quasiment le même âge. Il a eu plusieurs partenaires, bien sûr, mais avec une sexualité extrêmement satisfaisante où il ne se passait pas grand-chose. Et je pense que lui et ses partenaires se les arrangeaient très bien. Et entre nous, c'est vrai que cet aspect-là, notre intimité est satisfaisante.
114:01
Et c'est vrai qu'il se sent infécure au sens de qu'il ne suffit pas. J'ai voulu dire que je suis parfaitement comblé et que je l'aime de tout mon cœur.
114:13
Ça ne suffit pas.
114:17
Ces insécurités datent de bien avant, de toute façon, ça doit être une question d'enfance aussi. Il n'y a que la thérapie qui peut l'aider à trouver une forme de réassurance intérieure, ce qui évitera qu'il vous fasse peser tout ça sur les épaules aussi, parce que sinon ce qui va se passer c'est que vous allez le rassurer, le rassurer, le rassurer, et rien ne suffira jamais à le rassurer.
114:42
Donc il auto-détruira la relation, il va l'auto-saboter pour valider son propre système.
114:47
Et c'est vrai que là, aujourd'hui, je suis fasciné parce qu'en fait, quand on passe de week-end en week-end à faire des plans et puis à tout annuler et à me retrouver, moi, comme un idiot chez moi, à rien faire, malgré la mort que je lui porte, je commence à être très malheureux, en fait. Vous lui avez dit ? Oui, je lui dis que je n'arrive pas à me projeter, en fait. Me projeter, c'est compliqué dans la mesure où où du matin au soir, la situation peut changer.
115:16
Il est conscient qu'aujourd'hui, vous commencez à être lasse. Ça n'a rien à voir avec l'amour, d'ailleurs. L'amour ne suffit pas, souvent. Il faut d'autres ingrédients pour faire un couple qui dure. Il est conscient de votre état, de votre ressenti ? Il entend quand vous le lui dites ?
115:37
Parfois, il mérit qu'il sait qu'il me rend malheureux. C'est tout ce qu'il dit.
115:43
et qu'il est désolé. C'est tout ce qu'il écrit.
115:47
Mais vous n'en parlez pas en face-à-face ?
115:50
Non, face-à-face, il n'arrive pas vraiment à verbaliser.
115:57
Vous l'aimez vraiment, Grégory ?
116:00
Il me touche profondément, en fait.
116:01
Alors, ça, ce n'est pas une réponse.
116:04
Oui, je sais que ce n'est pas votre question. Je pense que je l'aime, oui.
116:11
Je l'aime d'un amour. En tout cas, je n'ai jamais aimé quelqu'un de cette manière. Je l'aime pour des raisons assez différentes que ce que j'ai eu par le passé. Il me touche profondément de par son histoire et son passé, et sa sensibilité me touche. Mais c'est vrai que parfois, j'ai le sentiment d'apprendre à m'aimer, en fait.
116:34
Je vous pose cette question parce que si vraiment vous envisagez votre vie avec lui, peut-être que ça vaudrait la peine de faire quelques séances de thérapie de couple. C'est une suggestion que vous pouvez lui faire.
116:50
Oui, bien sûr. Et c'est vrai que là, ce qui me met en difficulté, c'est ces plans et... Chaque week-end, je me réserve à lui, où tout tombe à l'eau et je me retrouve seule à rien faire.
117:06
Après, il ne faut pas remettre toute votre vie entre les mains de quelqu'un. Vous pouvez rester autonome. Vous devez même de rester autonome.
117:15
Oui.
117:17
Parce que si vous avez un tempérament fusionnel, et dans mon souvenir, vous en aviez un,
117:21
Bien sûr.
117:22
Voilà, évidemment que... Voilà, ça ne marche pas non plus. La fusion, c'est jamais ce qu'il faut mettre en place.
117:30
Oui, bien sûr.
117:32
C'est vrai. Fusion, explosion, dépression. Vous le mettez dans le sens que vous voulez, mais ça ne marche pas comme ça. Donc là, ça vous confronte, cette situation, à votre état fusionnel par nature. Lui, évidemment, il est dans ses insécurités plus, plus, plus.
117:50
Oui.
117:50
Donc vous avez tous les deux des petites choses à réguler, à régler, pour vous ajuster ensemble. Peut-être qu'une ou deux séances de thérapie de couple seraient les bienvenues, pour aller déposer ça avec un thérapeute.
118:04
Parce que j'y ai pensé, mais je me suis dit, avec une relation ainsi courte, est-ce que c'est valable ?
118:10
Tout dépend de ce que vous voulez faire ensemble, en fait.
118:14
Oui, bien sûr. Si vous pensez, l'un comme l'autre, que vous allez faire un grand bout de chemin ensemble, voir votre vie ensemble, ça vaut la peine. Oui.
118:21
Je pense que je vais lui proposer, oui.
118:26
Voilà. Vous ne risquez rien à lui proposer, en tout cas. Vous ne risquez rien à lui proposer, vous aurez été au bout, de toute façon, dans ce cas.
118:34
Oui, je pense que j'ai envie d'aller au bout, d'avoir exploité toutes les pistes.
118:37
Voilà. Et je vous dis à bientôt, Grégory, vous nous tenez au courant ?
118:42
Oui, bien sûr. Merci Valérie pour vous conseiller une bonne fois.
118:45
Merci à vous, merci à vous. Prenez soin de vous. Au revoir.
118:48
C'est gentil. Belle soirée.
118:49
Au revoir.
118:55
Hit the road, Jack. Don't you come back no more, no more, no more, no more. Hit the road, Jack. Don't you come back no more. What you say? Hit the road, Jack. Don't you come back no more, no more, no more. Hit the road, Jack. Don't you come back no more.
119:19
What'd you say? Hit the road, Jack. And don't you come back no more, no more, no more, no more. Hit the road, Jack.
119:47
Sous-titrage MFP.
120:15
Don't you come back no more. What you say? Hit the road, Jack. And don't you come back no more, no more, no more, no more. Hit the road, Jack. And don't you come back no more.
120:29
Well, what you say? Don't you come back no more. I didn't understand you. Don't you come back no more. You can't mean that. Oh, now, baby, please.
120:42
Europe 1, la libre antenne. Valérie Darmon. Bonsoir Jonathan.
120:45
Bonsoir. Merci d'être avec nous sur l'antenne d'Europe 1 pour parler d'amour, d'amour contrarié me semble-t-il.
121:00
Jonathan, c'est cela ? Oui, d'amour contrarié, tout à fait.
121:05
Et d'amour douloureux aussi.
121:07
Oui, complètement.
121:09
Vous avez quel âge Jonathan, dites-moi ?
121:12
45 ans.
121:12
Et vous vivez dans quelle région ou dans quelle ville ?
121:15
L'île de France, l'est de l'île de France.
121:18
D'accord. Alors en quoi cet amour dont vous voulez nous parler ce soir sur l'antenne d'Europe 1 est douloureux et contrarié surtout ?
121:28
C'est une relation qui a duré deux ans mais avec deux pauses de trois mois, deux ruptures de ma part.
121:36
C'est une relation qui a eu une dizaine de ruptures, donc c'était beaucoup de sa part, il y en a au moins eu six de sa part, et moi j'en ai eu l'en aussi de temps en temps, mais les siennes duraient 24 heures ou 48 heures et étaient souvent minimisées de sa part, en disant que c'était pas grand chose et que je devais savoir qu'elle reviendrait toujours.
121:59
C'est terriblement insécurisant, en tout cas, parce que dix ruptures de sa part en deux ans, ça fait tous les combien ?
122:05
Elle fait quasiment tous les deux mois, à peu près. En fait, elle me quittait à peu près tous les deux mois. La première rupture, elle a été au bout de cinq semaines de relation.
122:17
C'était une personne, c'est toujours le cas d'ailleurs, profondément marquée par son passé, traumatisée par de nombreux événements depuis la petite enfance jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Différentes violences, abus de confiance, trahison, donc très compliqué. Quelqu'un qui avait des énormes mécanismes de défense, de déni, de rationalisation, de justification.
122:48
Et c'est quelqu'un, alors c'est peut-être curieux ce que je vais vous dire, mais c'est la seule femme que j'ai jamais aimée.
122:57
Parce que même mon ex-femme, j'en étais amoureux, mais je ne l'ai jamais aimé parce que je ne suis jamais allé à sa rencontre, véritablement. Et cette femme que j'ai connue pendant deux ans, je suis véritablement allée à sa rencontre. J'ai vraiment cherché à la comprendre. On a eu parfois des nuits de discussion. On parlait énormément.
123:20
Parce qu'elle vous a davantage touchée, Jonathan, de par son passé, justement ?
123:26
Alors, pas forcément, parce que mon ex-femme avait aussi eu des violences. En fait, ce qui est assez curieux, c'est que j'ai souvent été attiré par des personnes qui ont eu des passés traumatiques.
123:36
Parce que vous êtes un sauveur, peut-être ?
123:39
Exactement, j'ai le syndrome du sauveur. Tout à fait, on est en train de travailler dessus. Et en fait, c'est vrai que ce qui s'est passé, c'est qu'après mon divorce qui a été très douloureux, qui était séparation fin 2011, divorce début 2014, je suis resté célibataire quasiment 10 ans. Je ne voulais plus entendre parler de la mort. C'était... J'ai eu des... Pas d'aventure. Pas d'aventure. J'ai eu des limérances, du coup, quelque chose qui n'a jamais été... Donc j'ai eu des crushs, mais ça ne s'est jamais...
124:12
J'ai eu un petit truc qui a duré deux mois et demi de relation à distance. On se voyait un week-end sur deux, donc quatre jours par mois. Ça n'a pas duré. En fait, ça m'arrangeait bien, que ce soit à distance. Et quand j'ai rencontré cette personne, il y a eu un déclic parce qu'on s'est d'abord connus par téléphone. C'était sur une application de rencontre sérieuse. Et du coup, on a parlé toute la semaine, une à deux heures par soir. Et c'était vraiment une discussion à cœur ouvert, très vulnérable. Très vite, on est rentrés... dans les confidences.
124:43
Vraiment incroyable.
124:44
Très sincère et authentique.
124:47
C'est ça. Et on s'est rencontrés au bout d'une semaine. Et là, il s'est passé quelque chose que je n'ai jamais connu et qui n'est pas du domaine du coup de foudre. C'est-à-dire que quand on s'est pris dans les bras, c'est très étrange. Je me suis senti chez moi. J'ai eu un apaisement d'un coup qui est tombé et elle m'a dit qu'elle a ressenti exactement la même chose.
125:09
L'évidence ?
125:09
Est-ce que c'est l'évidence, Jonathan ?
125:11
C'est ça. Il y a eu une évidence, mais que je n'avais jamais connue avec personne. Et une sorte de lien, je ne sais pas si on peut dire énergétique ou autre, mais il y avait quelque chose... on a eu l'impression de s'être reconnus, comme si on s'était attendus toute notre vie.
125:23
De l'ordre du karma, peut-être, c'est-à-dire des vies antérieures.
125:27
En tout cas, c'est ce qu'on s'est dit, et ça ne nous a jamais quittés, même jusqu'à la fin, quand on se prenait dans les bras, même les gens qui nous connaissaient nous disaient, c'est incroyable, on voit, il y a un apaisement, mais direct, qui se produit dès que vous vous prenez dans les bras. Et vraiment, il y avait quelque chose qui passait entre nous, que je n'ai jamais connu, et pour cette femme, j'ai...
125:47
J'ai suivi des cours de communication non-violente, j'ai suivi des cours avec Steve, avec qui j'ai voulu passer hier, mais ça n'a pas été passé.
125:53
Ah oui, Steven, Steven Mahoney, qu'on a reçu hier pour l'émission spéciale Saint-Valentin.
125:58
Voilà, j'ai suivi des cours avec lui, on a même tenté de faire une thérapie de couple avec lui, on n'a fait qu'une séance. J'ai suivi des cours sur l'intelligence émotionnelle, l'intelligence relationnelle, je me suis vraiment remis en question.
126:10
Et je me suis épuisé.
126:12
Et vous vous êtes fait grandir tout de même, Jonathan. Là, on est vraiment sur ce couple qui permet à l'un et à l'autre de s'élever et de dépasser les blessures de la vie, finalement.
126:24
Non, mais complètement. Je sais que cette relation m'a fait énormément avancer, vraiment énormément. Mais je me suis épuisé, vraiment épuisé. Et en fait... Elle m'a quitté mi-juillet, on avait eu une séparation de trois mois, on était revenus ensemble depuis deux mois, elle m'a quitté sur un coup de tête, parce qu'elle me disait elle-même, elle me dit « je suis impulsive, tu sais que mes ruptures ne tiennent pas, elles veulent rien dire », mais bon, moi ça m'avait fait vriller complètement, parce que je pensais qu'on n'aurait plus jamais de rupture. Et du coup, elle est revenue le lendemain, et on est restés ensemble, mais il y a eu une insécurité tout de suite qui s'est créée fortement chez moi, Et en fait, je lui ai dit, et j'étais vraiment aux larmes, je lui ai dit, si tu me requites, je pense que je ne vais juste pas me relever.
127:10
Je pense que ça ne va plus être possible pour moi. Elle m'a requitté fin septembre.
127:16
Et en fait, il s'est passé quelque chose de brutal en moi. Et en fait, j'ai eu l'impression de me disloquer complètement de l'intérieur. Et depuis, ma psy m'a dit, je suis en dissociation émotionnelle, donc depuis fin septembre, où je ne ressens quasiment plus rien. Et c'est vrai que Elle m'a elle-même conseillé de rester célibataire au moins deux ans, un an et demi, deux ans, parce qu'elle m'a dit, là, il va falloir recoller les morceaux, il va falloir reconstruire votre confiance en vous, ça va prendre beaucoup de temps. Donc elle m'a dit, n'essayez plus d'être avec quelqu'un d'autre.
127:49
Et en fait, c'est ça qui fait que c'est dur, c'est qu'elle est allée au loin dans les ruptures. Elle savait que ça me drivait et je pense qu'elle a eu à nouveau une rupture impulsive. Et elle est revenue dans la semaine, mais c'était trop tard. C'était la rupture de trop. C'était la rupture de trop, oui. Je lui ai dit, je ne peux plus être avec toi ni avec personne d'autre, en fait.
128:08
Et Jonathan, elle n'arrivait pas du tout, votre ex-compagne, à passer outre avec le travail qu'elle faisait sur elle. Est-ce qu'à un moment donné, parce que là, vous dites 24 heures, donc ça veut dire que le temps de la rupture est plus court, déjà. Peut-être que c'est le mot rupture qu'elle aurait dû changer ?
128:23
Oui, mais en fait, c'est ça. Alors, elle, elle refusait de faire un travail sur elle. Elle n'aimait pas ce mot parce qu'elle me disait faire un travail... Ce qu'elle va dire, je n'y ai à dire pas. Mais elle me dit faire un travail sur soi, c'est vouloir changer chez soi des choses que l'on n'accepte pas. Donc, ce n'est plus être naturel, c'est se dénaturer. Moi, je disais non. Pour moi, le travail sur soi, c'est aller à sa rencontre et guérir ses blessures et aller vers un mieux-être. Mais elle me disait, non, c'est la vie qui met sur notre chemin des épreuves qui nous font grandir et guérir.
128:57
Je ne veux pas faire un travail sur moi.
129:00
Mais là, elle ne guérissait pas puisqu'elle répétait les schémas indéfiniment.
129:03
Ah oui, oui, mais c'est ce que je lui ai dit. Je lui ai dit, je crains que tu répètes ça. Et elle a quand même eu une prise de conscience vers la fin en me disant... mon premier mariage s'est très mal passé, mon deuxième mariage aussi, ça se passe mal avec toi, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose chez moi qui rend les hommes hostiles à mon égard ? » Parce qu'elle était parfois très rabaissante, très dénigrante, c'était très dur des fois, mais j'excusais à chaque fois en me disant, c'est quelqu'un qui a beaucoup souffert, elle fait de l'acting out, elle reporte la souffrance, elle a du mal à gérer ses émotions, donc j'ai beaucoup pardonné, mais jusqu'à m'épuiser totalement, et à la fin je l'ai quitté en lui disant, je ne vois plus aucune porte de sortie, j'ai tout essayé pour te comprendre, et je n'y arrive plus.
129:49
En fait, c'était elle ou vous, finalement. À un moment donné, vous avez été tellement, tellement loin dans le sacrifice et aussi dans votre aspect de sauveur, que soit vous vous sauviez, soit vous la sauviez à votre détriment. Vous vous êtes oublié, finalement.
130:07
C'est ça, et en fait, c'est comme la psy m'a dit « vous êtes dans un lien traumatique ». Et vous ne vous rendez pas compte à quel point vous êtes en train de vous animer totalement. Vous êtes dérégulé, vous faites des insomnies, vous avez mal au dos. Vous êtes en train de sombrer avec elle, en fait. Moi, j'appelle ça un lien mortifère.
130:33
Au point même, regardez, parce que le cerveau est tellement bien fait, au point même que vous êtes maintenant dans un état dissociatif.
130:40
C'est ce qu'il a mis en place pour vous protéger, parce que si vous restez dedans, vous êtes pleinement dedans, dans toutes les parties de votre être, que vous vous noyez.
130:48
Oui, donc ça fait bizarre de ne plus rien ressentir. Alors du coup, extérieurement, je fais plein de choses pour moi. Je fais du sport, j'ai même pris un deuxième boulot, je pense que c'est pour éviter de penser. Je vois beaucoup d'amis, je fais plein de choses nouvelles, des stages de massage et tout ça, j'apprends des choses. Mais je vois bien, je ne suis plus là physiquement. Pour l'instant, pour l'instant, pour l'instant.
131:15
Et vous avez perdu le goût de la vie ?
131:17
Je dirais que je ne ressens plus la vie. Je n'ai plus de... Pendant l'une des ruptures qu'il y a eu, la rupture la plus violente qui avait duré trois mois et demi, j'ai eu ce que je n'avais plus depuis vingt ans, j'ai eu des pulsions suicidaires. Heureusement, qui n'ont duré qu'un mois, et j'en ai beaucoup parlé à ma psy, et on a réussi à dépasser ça. Mais... Et elle m'a même dit que... C'est là où vous me parlez de grandir... Ce qui s'est passé, c'est que j'ai développé une grande culpabilité, même de la manière dont j'ai réagi face parfois à ces colères, à ces phrases qui me blessaient.
131:56
Et ça a fait ricocher avec des choses que j'avais dites à mes parents, à ma soeur, à des amis, des gens à qui je me suis fâché. Et en fait, j'ai développé une culpabilité que ma psy a pathologique, toxique, dont je suis sorti. Et en fait, à un moment, je ne comprenais même plus comment j'avais pu penser comme ceci, comment j'avais pu réagir. Ça, ça a duré quand même un mois et ma psy m'a dit que j'avais vécu un remaniement psychique où en fait, vraiment, j'avais laissé partir des schémas de mon ancien moi. Mais ça a été extrêmement douloureux et violent.
132:31
Et c'est ça qui a fait qu'après j'étais revenu vers elle en me disant, j'ai changé, j'ai compris des choses, j'ai voulu retenter de mettre de nouvelles choses en place, mais ça a malheureusement échoué à nouveau.
132:41
Et puis il faut être deux. D'où le lien mortifère, parce que vous voyez, vous nous le dites, c'est-à-dire les idées suicidaires. C'est-à-dire qu'à un moment donné, on ne sait pas où est l'issue. Parce que c'est ni avec la personne, ni sans la personne.
132:57
Mais c'est ça, je lui ai dit, on n'arrive pas à être heureux ensemble, on n'arrive pas à être heureux séparés. Donc c'était vraiment catastrophique. Et aujourd'hui, le pire, c'est que je pense à elle tout le temps.
133:08
Ce n'est pas de la dépendance affective non plus ? Votre psy vous a mis sur cette piste aussi de la dépendance ?
133:13
Oui, elle m'a même dit que j'étais aussi dans la co-dépendance. Elle me disait que je suis du genre un ami qui me raconte ses problèmes et je passe une nuit agitée à me dire comment je vais l'aider à résoudre son problème. Donc elle m'a dit qu'il faut aussi apprendre à vous tourner vers vous-même, à ne pas vouloir sauver les autres.
133:30
Et même au théâtre, le prof me disait, j'ai un temps d'essayer toujours d'éviter le conflit ou de résoudre les conflits sur scène. Laisse le conflit aussi arriver. Et en fait, c'est ça. Je faisais du théâtre d'impro. Et en fait, du coup, je réalise qu'effectivement, j'ai toujours le côté où j'essaie d'arrondir les angles, de ne pas blesser, d'aller dans le sang de la personne et puis de sauver, je pense. Oui, oui. En fait, d'apaiser la souffrance des gens.
133:56
Et quand vous étiez enfant, vous aviez ce rôle dans la fratrie et dans la famille ?
134:00
Non, du tout, mais mon hypnothérapeute m'a fait régresser un épisode à mes 4 ans où j'ai failli passer à l'hôpital et j'avais été opéré. Mon père était parti une semaine aux Etats-Unis pour son travail le lendemain et en fait ma mère était désemparée. Et c'est là où il s'est passé quelque chose, où elle m'a dit, vous voyez votre mère, le regard dans le vide, complètement perdu, vous êtes vous-même en détresse, vous avez 4 ans, vous êtes sous perfusion, vous venez d'être opéré, mais vous voulez aider votre mère, mais vous vous sentez totalement impuissant, et du coup, vous avez reproduit ce schéma où vous vous êtes mis en couple avec des femmes qui étaient en souffrance, mais que vous ne pouviez pas aider, vous étiez impuissant à les aider.
134:42
Et on n'a pas encore réussi à casser ça, et on pense que l'origine est de là.
134:47
Oui, c'est un grand pas déjà de franchi de savoir où est la source, finalement. Oui, c'est ça. Et c'est aussi parce que vous connaissiez les sources que vous avez pardonnées cette femme et les autres femmes aussi qui étaient dans ces états-là. Oui, oui. Parce que même la femme avec laquelle vous avez vécu, votre épouse, votre ex-épouse, elle avait des blessures un peu similaires.
135:10
Alors oui, mais elle, c'était du coup très différent dans le sens où elle gardait tout en elle.
135:17
Elle a fait une dépression qui a duré presque un an, où elle a laissé sortir des choses, mais c'est quelqu'un qui ne parlait pratiquement jamais du passé. Au moins, elle avait perdu son père à 8 ans. Elle avait eu un beau-père militaire très dur. Elle a eu des violences aussi dans sa vie. Mais elle, par contre, elle n'avait pas du tout de comportement agressif envers moi ou défensif. Au contraire, mais là où c'était l'inverse, c'est qu'on n'avait jamais de dispute. Mais vraiment jamais. Donc moi, je me disais, on vit une relation idyllique.
135:47
C'est merveilleux. Donc je me sentais bien, moi, dans cette relation, parce qu'on n'avait jamais de disputes. Donc j'étais tout régulièrement de bonne humeur et tout ça. Mais c'est quelqu'un qui avait énormément besoin que je prenne soin d'elle. Énormément besoin que je sois là pour elle.
135:59
Et moi, ça m'arrangeait. La sécurisait, oui.
136:02
Voilà, dans ce rôle. Je me sentais utile aussi.
136:05
Et qui est partie ? Parce que si... Est-ce qu'à un moment donné, le couvercle de la cocotte minute a sauté ? Comment ça s'est passé ?
136:13
C'est elle. C'est elle parce qu'elle venait d'un milieu aisé. Moi, d'un milieu normal, on va dire, un cadre normal. Et elle n'a pas supporté une vie modeste. Et en fait, elle est partie en disant que... En fait, elle a voulu se couper de son milieu d'origine où elle ne supportait plus... les apparences, l'argent, etc. Mais au final, elle s'est tellement coupée de ses amis qui finalement lui faisaient des jugements sur là où on habitait, etc. qu'elle n'a pas supporté.
136:45
Et elle est finalement retournée vivre chez ses parents pendant un moment, pendant des années. Et elle a rompu. Elle ne supportait pas qu'on vive de manière très serrée. Donc là, c'était aussi une question de valeur. Mais on n'était pas du tout dans la même relation que la personne que j'ai connue pendant deux ans. C'était très différent, en fait.
137:02
Elle était plutôt esclave du regard des autres un petit peu, c'est ça ?
137:07
Ah oui, très, très, très, exactement.
137:11
Vous faites quoi dans la vie Jonathan ? Vous êtes thérapeute, non ?
137:14
Pas du tout.
137:17
Quand on fait tellement d'expériences comme ça, de médules, de formations, parfois ça peut déboucher. Quand on est sauveur, pratiquer le fait d'être sauveur dans un cadre professionnel, ça atténue le fait d'être sauveur dans sa vie privée.
137:32
J'ai failli me tourner vers la psycho il y a longtemps, mais je n'ai pas pu m'inscrire sur le moment. C'était trop tard. Je suis dans l'informatique.
137:42
Mais effectivement, le fait que je m'intéresse autant à tout ça, c'est parce que j'ai découvert à 37 ans que j'avais le syndrome d'Asperger.
137:52
Et du coup, ça a expliqué tellement de choses et je ne comprenais tellement pas de manière générale l'esprit humain qu'à partir de 37 ans, je me suis plongé dans... plein de formations, parce que je voulais comprendre vraiment, donc j'ai commencé à suivre plein de thérapies, pour même aller dans le corps, pour comprendre vraiment les autres, et j'ai fait un bond en avant pendant des années grâce à ça.
138:13
Qu'est-ce que vous avez compris, justement, particulièrement ? Qu'est-ce qui a changé en vous depuis ? Parce que quand on fait un gros travail comme ça, de développement personnel, évidemment qu'on évolue. Sinon, on ne change pas. Mais on évolue et on se modifie.
138:30
Alors j'ai compris, c'est ce que je vais vous dire, n'engage que moi, qu'avoir raison n'a aucun sens, que chacun a sa propre vision du monde, chacun a son propre chemin, et que ce n'est pas jugeable, même si ça peut heurter nos valeurs.
138:46
Je partage tout à fait, je partage totalement votre avis. Éviter de vouloir avoir raison, ça évite à la vie de nous rappeler quand on a tort.
138:55
Exactement, j'ai compris que chacun a son chemin aussi, qu'on n'est pas obligé de s'entendre avec tout le monde et que ce n'est pas grave, ce n'est pas grave du tout, qu'il y a des très belles personnes sur Terre, qu'il y a des personnes très blessées qui développent des mécanismes parfois d'arrogance ou de tyrannie ou autre, Mais finalement, je pense que l'une des vraies raisons de souffrance dans ce monde, c'est parfois le manque d'amour qu'on a pu, ou le schéma dysfonctionnel dans l'enfance qui a causé des comportements qui peuvent être délétères.
139:33
Mais en fait, ce que j'ai compris avec la vie, c'est qu'en fait, tout le monde a de la souffrance. Et on essaie tous de faire comme on peut, je pense. Et certaines personnes s'en sortent sûrement mieux que d'autres. Et on essaie tous d'avancer pour aller bien. Et on se fait son petit bonhomme de chemin. On rencontre dans la vie des gens. Certaines personnes se lient de manière profonde. D'autres non. Certaines sortent de notre vie. D'autres rentrent.
139:58
Et on apprend tous des autres, même des gens qui, entre guillemets, nous font du mal. On apprend tous de tout le monde et je pense que chaque personne a une richesse en elle. Et c'est pour ça que je suis quand même reconnaissant de tout ce que j'ai vécu avec elle. C'était ma question.
140:14
Est-ce que vous vous sentez tout de même chanceux d'avoir vécu ce genre ou ce type d'amour ?
140:21
Oui, parce que déjà, j'ai appris vraiment ce qui était aimé. Je veux vraiment rester, malgré le fait qu'il y a des défauts qui parfois nous mettent hors de nous, parce qu'on considère comme des défauts, qui nous mettent hors de nous, mais de rester, de vouloir comprendre, de vouloir vraiment aller à la rencontre de l'autre, de vouloir se faire comprendre. J'ai compris vraiment que l'amour était un choix, que ce n'est pas juste l'attirance physique ou les bons moments passés, mais qu'on veut vraiment s'engager avec l'autre et Je ne l'aurais pas connu, je n'aurais pas su ce que c'était véritablement que s'engager totalement dans une relation, même quand c'est difficile.
140:59
J'ai beaucoup appris grâce à cette femme, énormément.
141:04
Que vous conseille votre psy ? Parce qu'elle est revenue, très peu de temps après, dans la semaine. Ça, c'était lors de la dernière rupture qui a fait tout basculer. Mais si, je ne sais pas, depuis deux ans, est-ce que vous avez des nouvelles régulièrement ? Ou est-ce que votre psy vous a dit que c'est mieux de couper les ponts ? Parce qu'on se protège aussi en coupant les ponts, dans un premier temps en tout cas.
141:28
Elle m'a dit couper les ponts, bloquer tout. Donc c'est ce que j'ai fait depuis le 17 octobre. Mais c'était plus compliqué que ça. Dans un moment de grande tristesse, on s'est quand même revu fin novembre.
141:41
On s'est revus trois jours où ça a été des moments très charnels. On a même parfois passé une nuit blanche à parler. Et puis finalement, elle a revu quelque chose qui retenait valeur. Je lui ai dit, bon, c'est vraiment qu'on arrête. Donc ça, c'était le 1er décembre.
141:58
Elle a absolument voulu quand même qu'on s'offre des cadeaux de Noël. Donc je lui ai dit, je ne peux pas te voir. Ce n'est pas possible, c'est même dangereux pour moi parce que je sais très bien que j'ai encore de l'attirant, j'ai encore de l'amour. Donc bon, on s'est débrouillé pour aller venir chez moi, aller poser des cadeaux devant la porte. Elle est repartie. Je lui ai dit, j'accepte ça, mais on ne va pas plus loin. On est resté des semaines sans se parler. Elle s'est mise à me réécrire en janvier. en me disant « j'ai réalisé des choses », mais ça c'est une soupe qu'elle m'a déjà servi de nombreuses fois.
142:29
Elle m'a dit « j'ai besoin de t'en parler ». Je lui ai répondu « je ne suis pas en capacité émotionnelle d'écouter ». Donc elle m'a dit « d'accord ». Il y a une semaine, elle m'a écrit en me disant « je sais, je te choisirai toujours ». Et un de mes fils m'a écrit hier en me disant « elle m'a contacté sur Instagram, elle a créé un nouveau compte et attention, elle est abonnée à ton compte ». d'accord ah oui donc elle ne vous lâche pas elle ne vous lâche pas et elle m'a écrit hier en me disant bonne Saint Valentin pour une interrogation pour tâter le terrain et j'ai juste répondu que je ne savais pas que c'était elle j'ai dit bah non je suis célibataire puis je vais le rester elle m'a dit bah pareil et voilà ça s'est arrêté là mais du coup j'ai découvert que c'était elle Ce qui est terrible, c'est que je n'ai pas eu le courage de la rebloquer sur son nouveau compte.
143:18
Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas eu le courage. Je vois bien qu'il y a de la dépendance.
143:22
C'est ça, c'est la dépendance. Ce n'est pas que vous ne savez pas pourquoi, c'est de la dépendance, effectivement.
143:29
Oui, toujours.
143:31
Après, c'est tout frais. Après, c'est tout frais.
143:34
Oui, oui, mais du coup, c'est quelqu'un que, officiellement, je n'ai plus vu depuis le 1er décembre et on est séparés depuis le 17 octobre. Ça reste tout frais.
143:43
Oui, ça reste tout frais.
143:45
Oui, j'en ai parlé il y a une semaine et je me disais, ok, qu'est-ce que vous faites maintenant avec cette tristesse ? Est-ce que vous allez la revoir ? Est-ce que vous voulez reprendre ? Je dis non, non. Si je la reprends, sincèrement, je vais vraiment vers la mort. Là, vous le savez. Je finirai par me suicider, je pense, si on revient ensemble. Vraiment, parce que j'ai encore beaucoup d'amour pour elle, et je sais que j'essaierai de faire en sorte que ça s'améliore, et je sais que je n'y arriverai pas, et donc je sais que je finirai par le désespoir de vraiment plus vouloir vivre.
144:15
De l'échec, le désespoir de l'échec amoureux, hein ? Mais parce que, Jonathan, l'amour ne suffit pas, en fait.
144:22
C'est ça, c'est ce que je lui ai dit. L'amour ne suffit pas. Mais ce qui est assez terrible, c'est qu'en fait, c'est quelqu'un qui me disait des choses, il y avait clairement des sous-entendus forts, mais qui sont quand même pour moi difficiles à entendre. Elle me disait, même écrit, il n'y a que les personnes... qui ne veulent pas voir au-delà de la véhémence de mes paroles cinglantes qui me quittent ceux qui ne veulent pas vraiment me connaître en profondeur donc elles vous culpabilisent en plus oui c'est ça et puis un vrai sous-entendu tu n'as pas vraiment voulu me connaître alors que c'est 10 ruptures en 2 ans je pense que vous avez fait le nécessaire j'ose espérer que vous ne vous sentez pas coupable Et plus aujourd'hui.
145:13
Je me suis senti beaucoup coupable à la première rupture, mais comme dans la deuxième, j'ai énormément pris sur moi. Je me suis fait aider le Steve vraiment pour que ça n'allait pas. Et ce qui est génial avec Steven, c'est que c'est quelqu'un de très honnête. C'est-à-dire que des fois, il m'a dit « quand tu lui dis ça, tu es dans le contrôle ». Et donc, c'est aussi normal qu'elle réagisse comme ça. Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est qu'on n'était pas là en train de tirer à bout les rouges sur elle, mais il essayait aussi de me mettre face à mes responsabilités, que c'était une dynamique et qu'on n'est pas dans une dynamique de...
145:48
bourreau, victime, mais que c'était une dynamique qui se créait, à laquelle je répondais et que j'entretenais aussi. Mais je ne me sens plus coupable, parce que je sais que j'ai agi correctement, même à la fin, c'est qu'il était dans la tristesse. Elle m'a répondu, elle m'a envoyé un mail vraiment incendiaire, et je lui ai re-répondu deux semaines après à son mail, mais pas du tout sur le ton. Je lui ai dit, écoute, je te souhaite vraiment d'être heureuse. de tout ça.
146:14
Bourreau, victime, sauveur. Là, on est vraiment dans le triangle de Karpman. Moi, j'ai eu les trois. Je suis passé par les trois. Oui, c'est ça. Je comprends que vous fuyez. À un moment donné, on ne peut pas faire... C'est comme avec les pervers narcissiques, d'une certaine manière. Ce n'est pas son cas. Elle est dans une autre...
146:36
dans d'autres traumatismes mais à un moment donné on n'a pas d'autre choix que de prendre les jambes à son cou parce que sinon on y laisse sa peau et c'est comme le mot aimer à tout prix mais non ça n'existe pas le à tout prix c'est le prix de sa vie sa survie mentale comme avait dit une psy il y a longtemps une de mes psys d'ailleurs on ne meurt plus d'amour au 21ème siècle On ne meurt plus d'amour, or quand on vit des grandes histoires comme la vôtre, Jonathan, on peut penser qu'on peut mourir d'amour.
147:11
Oui, alors qu'en fait, j'ai des enfants, j'ai un boulot, il faut aussi que je tienne le coup, mais c'est vrai que...
147:19
Mais c'est, comme vous dites, en plus, syndrome du sauveur, c'est assez terrible parce que j'ai même aidé ces quatre enfants à plein de niveaux différents. J'ai même aidé son cousin. Enfin, j'ai vraiment, finalement, je me suis surinvesti. Surinvesti, voilà.
147:35
Surinvesti et suradapté aussi, oui.
147:37
Voilà, et parce que je me disais, après mon divorce justement de dix ans avant, je me suis dit, la prochaine personne...
147:44
dont je tomberais amoureux et puis finalement que j'ai aimé, je me suis dit que ce serait la dernière et je me donnerais à fond dans cette relation. Donc je me suis vraiment donné à fond. Sans compter. Jusqu'à ma santé, empathisme et sans compter.
147:56
Vous avez fait la nuance tout à l'heure entre être amoureux et aimé. C'est quoi la différence entre les deux ?
148:06
Alors pour moi, être amoureux, on n'est pas en lien avec l'autre, on est dans la projection de ce que l'autre pourrait devenir, de ce qu'on pourrait construire ensemble. Pour moi, on lui prête des intentions, on a les papillons dans le ventre, on a les palpitations du cœur, on est excité de le voir, mais je dirais qu'il n'y a pas un côté posé et on n'est pas encore véritablement allé à la rencontre de l'autre. Alors que, en ce qui me concerne, quand vraiment je me suis mis à aimer cette personne... c'est que malgré les disputes, malgré les comportements difficiles, quand il y a eu des ruptures ou autres, j'ai essayé, en tout cas, et elle a aussi de temps en temps essayé, de réparer, de se comprendre, de vraiment aller au fond des choses et de choisir de rester et de continuer ensemble et de vraiment...
148:57
se lier l'un à l'autre. Et là, on n'était plus du tout dans « j'imagine que tu es comme ça » ou « projeter que la personne pourrait nous apporter telle ou telle chose ». Au bout d'un moment, on savait véritablement qui on avait en face de nous. Et même quand c'était difficile, même quand il y a eu des ruptures, on restait quand même. Finalement, on voulait ne pas lâcher. On se disait « il faut qu'on trouve le moyen que ça fonctionne ». Et pour moi, c'est là quand on est véritablement à la rencontre de l'autre et plus dans la projection et qu'on n'est plus dans une excitation qu'on veut toujours rester, qu'on veut construire, que pour moi on a basculé dans l'amour.
149:32
Peu de monde fait la différence en tout cas entre être amoureux et aimé. Et souvent on dit aussi que c'est celui qui aime qui est le plus gagnant des deux. Et encore si on peut parler de gagnant d'ailleurs. En tout cas il est plus nourri on va dire. Celui qui aime est plus nourri que celui qui est aimé. Est-ce que vous partagez aussi ce point de vue Jonathan ?
149:53
C'est vrai et justement c'est peut-être ça qui m'a fait rester si longtemps, c'est que l'aimer et prendre soin d'elle me remplissait tant de joie que ça compensait le fait que cette relation était déséquilibrée et qu'elle ne prenait pas énormément soin de moi parce que moi-même j'étais très présent dans sa vie pour prendre soin d'elle mais finalement ça me remplissait de joie énormément. Donc du coup ça me remplissait, ça me nourrissait.
150:21
Beaucoup de messages pour vous Jonathan au 73921 ce soir. On a Yannick qui partage beaucoup de vos points de vue et qui visiblement a vécu la même chose, qui souhaiterait que l'on vous donne son numéro de téléphone pour échanger, évidemment hors antenne. On a Anne qui demande aussi votre numéro de téléphone pour un conseil. Nous avons Charlotte qui est médecin, qui aimerait connaître le nom de l'invité que nous avons reçu hier pour la Saint-Valentin et le nom de son livre.
150:51
Donc c'est l'art de la dispute, chère Charlotte, aux éditions Le Courrier du Livre. Et l'auteur s'appelle Steven Mahoney. Il est donc coach diplômé. J'insiste sur le mot diplômé. Je sais que c'est important pour nos auditeurs. Donc, il a suivi un long cursus à l'Université de Paris. Et son livre est extrêmement bien fait. Nous avons Sandrine qui vous dit, Jonathan, j'espère que vous confirmerez mes dire... Ah non, parce que je découvre en même temps. Alors, elle s'adresse à moi. Donc...
151:20
« Effectivement, elle m'interpelle. L'amour, ça ne doit pas être si compliqué. Jonathan, c'est épuisant cette relation. Elle est toxique même. Fuyez, vous dit Sandrine. » Et Chantalou dit « Je trouve Jonathan très sensible et très mature, beaucoup de souffrance, une sorte de dépendance affective. Fuyez-la, elle est destructrice. » Et elle laisse aussi son numéro de téléphone parce qu'elle a vécu la même chose que vous. Mais je crois que vous avez eu surtout la présence d'esprit de très bien vous faire accompagner Jonathan aussi.
151:52
Oui, oui, heureusement, je voyais une psychologue et une hypnothérapeute qui me fait... régulièrement régresser pour revivre des traumatismes, pour que le Jonathan d'aujourd'hui aille parler au Jonathan qui avait 4 ans, qui avait 12 ans, qui avait 20 ans. J'ai travaillé activement pour guérir aussi mes traumatismes.
152:14
Est-ce qu'aujourd'hui, toutes les parties de vous, parce que vous nous disiez que vous pensez à elle tous les jours, c'est ce qui se passe dans les amours-passions, parce qu'on peut dire quand même que c'est aussi une passion ce que vous avez vécu. Complètement. Donc comme on le sait, la passion n'est pas durable, même si quand on y est, on croit qu'on va évidemment réussir à transformer. Cela dit, j'invite les auditeurs qui ont réussi à transformer des passions aussi, à nous contacter au 01 80 20 39 21 pour nous dire comment ils s'y sont pris aussi.
152:42
Donc ma question c'est, est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui à l'heure où on se parle, toutes les parties de vous, bon c'est un peu compliqué parce que vous êtes en état dissociatif, donc peut-être vous ne pourrez pas me répondre, sont raccords pour dire que vous n'allez jamais y retourner ? Ou il y a encore une partie de vous qui fait du déni sur ce que vous avez vécu ?
153:04
Non, je pense qu'il y a quand même une... Parce que c'est rare, mais ça peut m'arriver, je crois que tout à l'heure, j'étais en train de me dire, et si on se revoyait pour discuter ? Et en fait, tout de suite, je me suis dit non, mais je vois bien qu'il y a quand même eu, si la pensée m'a traversé l'esprit, c'est que ça veut dire qu'il y a un faible pourcentage de moi... qui me dit pourquoi pas mais je sais très bien que parce que je suis allé au bout de pour moi tout ce qui est humainement possible pour que ça fonctionne, vu que je me suis fait vraiment accompagné de Steven que ce n'est pas possible que cette relation puisse fonctionner je ne peux pas il y a des personnes vous savez qu'il ne faut jamais revoir en fait il y a des personnes qu'on ne revoit jamais de sa vie même si on continue d'y penser bien sûr Oui.
153:56
C'est sûr que ce n'est pas évident.
154:01
Et même cette pensée est douloureuse. Après, il faut le temps du deuil. Est-ce que vous pensez, et ça c'est une grande interrogation, comment fait-on pour aimer après avoir aimé, à ce point ?
154:12
Franchement, je ne sais pas. Tout ce que je sais, alors après j'ai deux avis opposés parmi les personnes qui me suivent, j'ai dit à ma psychologue que l'image que j'avais de mon cœur, c'est qu'en fait c'était un vase brisé, je voyais tous les morceaux par terre, mais que là j'étais juste en état de choc.
154:30
et que je n'avais même pas encore l'énergie de les ramasser, que je ne sais même pas comment les ramasser. Aujourd'hui, elle m'a dit peut-être que ce n'est pas le moment, prenez soin juste de vous. Et mon hypnothérapeute a émis une autre image, une autre perspective, elle me dit peut-être que vous devriez voir ce vase comme une histoire qui est brisée, qui ne peut pas être recollée, et que ce n'est pas votre cœur qui est brisé, et qu'un jour... vous verrez, vous arriverez à vous réouvrir à quelqu'un.
155:03
Donc aujourd'hui, je ne sais pas, je n'arrive pas, vu l'engagement que j'avais auprès de cette femme et de ses enfants, ce qui est terrible, ce que je vais vous dire, c'est que je me suis plus engagé envers elle qu'envers mon ex-femme avec qui j'ai eu des enfants. En termes émotionnels, j'ai tout fait pour que ça fonctionne, je me suis battu pour que ça fonctionne. Donc l'investissement était tel...
155:26
Ma psychologue me disait que j'avais un biais, je ne sais plus comment il s'appelle, un biais d'investissement, elle me dit c'est comme si vous avez bâti une maison, il y a un tremblement de terre, tout s'écroule sauf qu'il y a un mur qui tient debout et vous vous restez accroché au mur en disant je me suis tellement investi que je peux encore tout reconstruire. Et elle me dit ce mur il faut le lâcher.
155:46
et c'est ce qui s'est passé quand je suis parti mais j'ai ce biais là de me dire non on peut encore reconstruire mais là je sais que je ne suis plus en état et c'est peut-être le fait de ne plus être en état de reconstruire qui me sauve parce que c'est ça qui fait que je ne retourne pas c'est d'ailleurs quand on est dans ces états là qu'on finit par aller en thérapie et à se prendre en main vraiment parce qu'après de toute façon après ça devient catastrophique et puis après la douleur rentre dans le corps et on commence à somatiser et on prend des risques réels pour sa santé physique, en plus de la santé mentale, parce que là, la santé mentale est bien touchée, on l'entend, dans vos propos.
156:19
Mais après, c'est le Jonathan de demain, celui que vous allez devenir, avec tout ce que vous avez traversé, qui rencontrera quelqu'un d'autre, avec sans doute un autre profil. Oui, je l'espère, en tout cas.
156:37
me remettre vraiment de ce traumatisme. Parce que là, ma psychologue me disait... Syndrome post-traumatique. Elle m'a dit, ensemble, vous êtes traumatisés. Vous avez un vrai traumatisme lié à cette relation. Et c'est pour ça qu'elle me déconseille forcément de me remettre en couple un an ou un an et demi, deux ans. Elle m'a dit, vous pourriez réagir de manière épidermique, de manière à démesurer... Si jamais vous rencontrez quelqu'un qui dit une phrase comme elle ou qui réagit comme elle, de près ou de loin, elle m'a dit « ça pourrait vous faire partir d'un coup dans un état pas normal ».
157:15
Oui, et puis ce ne serait pas juste pour la personne surtout. Ce ne serait pas juste pour la femme d'après. Vraiment, parce que vous ferez payer inconsciemment ce que vous avez vécu avant. Il faut guérir avant de recevoir une nouvelle personne dans sa vie.
157:29
Vous savez ce qu'on dit souvent, que toute blessure qu'on ne guérit pas saignera sur la personne suivante.
157:35
Voilà, exactement. Merci beaucoup Jonathan d'avoir choisi Europe 1 pour nous raconter votre histoire passionnelle ce soir et comment on se sort de la passion. En tout cas, comment on s'en sort pour soi, voilà. Pas avec l'autre, mais pour soi.
157:53
Merci beaucoup d'avoir choisi Europe 1. Je redonne le nom de Steven Mahoney, l'auteur de L'art de la dispute, car Charlotte n'a pas tout noté. Vous pouvez aussi réécouter notre entretien sur europe1.fr et vous aurez toutes les informations, bien sûr. Merci Jonathan, je vous souhaite une belle guérison du cœur. Merci, merci beaucoup. Merci, au revoir. Merci de votre fidélité à la libre antenne d'Europe 1. On se retrouve lundi dès 22h15 jusqu'à 1h du matin en direct. D'ici là, passez un très beau week-end et prenez soin de vous, des autres et du monde.